Liu HE
Montmorency, le 28 juillet 2026
Lorsqu’une femme souffrant d’endométriose – une maladie caractérisée par la présence de fragments de muqueuse utérine (l’endomètre) en dehors de l’utérus – me parle de son parcours de soin complexe, elle m’explique que l’intervention médicale représentait pour elle la solution idéale. Agissant sur un plan « matériel et concret », la chirurgie lui donnait l’impression de « manipuler ce truc », renforçant ainsi son sentiment de « contrôle et de maîtrise » face à sa propre maladie.
À ce stade de son parcours, elle n’avait pas encore entamé de psychothérapie ni de psychanalyse en parallèle de son suivi médical. En effet, la maîtrise ou le contrôle d’un symptôme organique n’est en rien le mot d’ordre de la psychanalyse ou de la psychothérapie. Comme avancé par Fernando de Amorim, face à une maladie organique, c’est au médecin d’intervenir pour soigner et traiter le corps, à coup de médicaments ou d’actes chirurgicaux1. À ce niveau précis, la psychanalyse ne peut rien contre la maladie elle-même ; en revanche, elle peut énormément pour la malade. De quelle manière ?
De nombreuses patientes souffrant d’endométriose évoquent de multiples symptômes, tels que des fatigues chroniques, des douleurs lors des rapports sexuels – qui altèrent profondément la relation intime – ainsi que des troubles de l’humeur comme l’anxiété ou le stress. C’est souvent le désir de ne plus subir ces symptômes passivement qui pousse l’être à entreprendre une psychothérapie.
Dans un premier temps, en suivant la règle fondamentale de l’association libre – qui consiste à exprimer librement ses pensées, son corps et ses rêves – la patiente ou la psychanalysante voit se dévoiler progressivement les causes et les fonctions de ses symptômes. Ces derniers s’avèrent souvent liés à des conflits psychiques majeurs jusqu’ ici inaudibles pour l’être ; leur mise en lumière permet alors d’envisager le soulagement, voire la disparition des symptômes2.
Dans un second temps, la psychanalyse permet à l’être de construire son propre désir à partir de l’Autre barré (Ⱥ), de « construire sa responsabilité de conduire aussi sa destinée »3. Cela correspond à soigner la souffrance par la construction de sa subjectivité.
Pour quiconque souhaite ne plus souffrir psychiquement de la maladie de l’endométriose – car nous ne sommes pas ici pour souffrir de la vie, mais pour la vivre – et s’intéresse au travail de partenariat entre la psychanalyse et le corps médical, la prochaine journée d’étude du RPH intitulée : « Souffrances gynécologiques : La clinique du partenariat entre médecine et psychanalyse » offre un espace de réflexion essentiel.
Les cliniciens du RPH y partageront leurs observations et réflexions cliniques autour des souffrances gynécologiques, en dialogue avec d’autres professionnels de santé. Vous êtes chaleureusement invités à nous rejoindre, y comprispar Zoom, le samedi 12 septembre 2026.
- Amorim (de), F. « La maladie organique déclenchée avant, pendant ou après la sortie de psychanalyse », 2023, consulté le 13 juillet 2026. ↩︎
- Blachère, C. « La fonction du symptôme en psychanalyse et en médecine », 2025, consulté le 13 juillet 2026. ↩︎
- Amorim (de), F. « La responsabilité », 2025, consulté le 13 juillet 2026. ↩︎
Vᵉ journée d’étude du RPH
Souffrances gynécologiques : la clinique du partenariat entre médecine et psychanalyse
Samedi 12 septembre 2026
de 9h00 à 16h30, à Paris IIᵉ et en visioconférence
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