Sabrina Berdedouch
Au 4 Cité Joly, le 23 février 2026
Une psychanalysante est sûre et certaine d’être autiste. Cette certitude ainsi que les diagnostics donnés par les psychiatres et psychologues qui ont bien voulu répondre à sa demande n’empêchent pas cette rencontre avec elle-même qui a lieu trois fois par semaine sur le divan au 4 Cité Joly, dans le 11e arrondissement de Paris.
Lundi dernier, elle s’étonne : « Tiens, j’ai vu que la HAS ne recommande pas la psychanalyse pour les personnes autistes. Bon, c’est quand même étonnant car pour moi ça fonctionne. Nommez ça. La psychanalyse fonctionne, même pour moi ! Ma psychanalyse fonctionne ! » Effectivement, la psychanalyse fonctionne, et la psychanalyse de cette psychanalysante fonctionne. En témoignent sa vie et son changement depuis qu’elle vient me rendre visite, ce qu’elle note régulièrement : le premier jour de sa psychothérapie, elle faisait état de sudation excessive, de tremblements du corps involontaires, de bégaiement, l’empêchant d’aller au bout de ses phrases. Aujourd’hui, elle est devenue mère et elle a été promue à un poste à responsabilité. Ce qui lui était indiqué comme des « signes d’anormalités », notamment son « manque de relation sociale, l’incapacité à faire du smalltalk, des phrases anodines », n’est plus vécu sous l’angle de la culpabilité mais de la responsabilité, depuis qu’elle est sur le divan : « je n’aime pas ça et c’est tout, c’est ma manière d’être ».
Quel étonnement alors, effectivement, de recevoir des nouvelles de la Haute Autorité de Santé qui ne recommande pas ce qui, pour cette psychanalysante fonctionne : la psychanalyse. La HAS est la bienvenue pour travailler avec une autre autorité, celle de la clinique des membres du RPH – École de psychanalyse, comme en témoigne le dernier bilan annuel d’activité de l’École. Ce partenariat gagnerait à se nourrir d’amour et de libido plutôt que de qualification « d’insuffisance » et de « non-recommandation » au risque, pour la HAS, de finir HS…
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