Dr Chloé Blachère
Paris, février 2026
Certains patients (en psychothérapie) ou psychanalysants (en psychanalyse) sont surpris de découvrir, parfois longtemps après le début du traitement, qu’une partie d’eux-mêmes résiste activement à la réussite du traitement, s’opposant à celle qui les a conduits à l’initier et qui les pousse à continuer, en dépit des efforts que cela représente. Bien souvent, ce moment constitue la clé de voûte de leur cure car, une fois ces résistances identifiées, ils en sont moins dupes.
Sigmund Freud avait, dès les débuts de la psychanalyse, mis en lumière cette dimension de résistance au traitement, qu’il définissait dès 18951 comme tout ce qui entrave le bon déroulement du traitement.
Plus tard sa recherche le conduit à identifier cinq résistances à l’œuvre psychiquement, parmi lesquelles il distingue des résistances propres à chaque instance2 :
- Les résistances du Moi sont au nombre de trois : le refoulement, la résistance au transfert et le bénéfice secondaire de la maladie ;
- Une résistance à l’inconscient, ou résistance au Ça ;
- Et enfin une résistance au Surmoi, issue d’une culpabilité inconsciente et d’un besoin de punition.
Les travaux de recherche qui ont continué d’être menés après Freud ont conduits le psychanalyste Fernando de Amorim à distinguer, aux côtés de cette dernière résistance, celle appelée grand Autre non barré, toutes deux formant les organisations intramoïques3.
Une grande partie du travail mené en psychothérapie et en psychanalyse va donc consister à déjouer ces multiples résistances afin de permettre aux pensées refoulées de refaire surface et, ce faisant, de dénouer les différents nœuds psychiques ayant conduits à la formation de symptômes. C’est également pour cette raison que les traitements psychiques peuvent paraître longs : les résistances y sont nombreuses et s’il a bien sûr à y gagner, le patient ou psychanalysant perçoit également, plus ou moins consciemment, que la guérison ne peut se faire sans perte.
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- Freud, S. (1895). « Sur l’étiologie de l’hystérie », in Œuvres Complètes, volume III, Paris, PUF, 2016, pp. 147‑80. ↩︎
- Freud, S. (1926). « Inhibition, symptôme et angoisse », in Œuvres Complètes, volume XVII, Paris, PUF, 2016, pp. 203‑86. ↩︎
- Amorim (de), F. (Dir). Manuel clinique de psychanalyse, Paris, RPH Éditions, 2023, p. 256. ↩︎