RPH (Réseau pour la Psychanalyse à l’Hôpital) – École de psychanalyse
Docteur Fernando de Amorim
Paris, le 5.III.2026
À
Monsieur le Professeur Loïc Guillevin
Monsieur le Professeur Philippe Casassus
Monsieur le Professeur Olivier Lortholary
Monsieur le Professeur Luc Mouthon
Monsieur le Docteur Pascal Cohen
Monsieur le Docteur Luc Petit
Madame le Docteur Claire Georges-Tarragano
Monsieur le Professeur Alain-Charles Masquelet
Monsieur le Docteur Vladimir Mitz
Monsieur le Docteur Sthéphane Romano
Monsieur le Docteur Rami Selinger
Messieurs les Professeurs, Madame le Docteur, Messieurs les Docteurs,
Cher Patron, Chers amis,
Cette missive de reconnaissance veut mettre en évidence la fonction de la transmission de l’esprit clinique né avec Hippocrate et qui, de Freud à Lacan, perdure dans mon quotidien.
Cher Philippe, tu as presque pris ma main pour remplir le dossier pour l’autorisation de rencontrer les malades dans le Service de médecine interne et hématologie où tu étais chef de service adjoint.
Cher Monsieur Guillevin, Cher Patron. Oui, patron. Je me souviens que Pascal à mon arrivée dans le service a dit, souriant : « Ici le patron tutoie tout le monde et tout le monde vouvoie le patron ! » Je vous appelle patron encore aujourd’hui. C’est ce qui en psychanalyse s’appelle le transfert.
Ainsi, un jour je me suis adressé à vous pour vous demander de créer une consultation publique de psychanalyse. Votre réponse nette a jailli : « Je ne connais rien à ta psychanalyse, mais je te fais confiance. » Cette confiance a fait des petits cliniques et théoriques. Le RPH – École de psychanalyse, issu de l’AFORMAG (Association de Formation et de Recherche Clinique en Médecine Interne, Hématologie et Psychopathologie, pour la prise en charge du malade grave), assure la transmission d’une psychanalyse française toujours attachée à la clinique médicale, chirurgicale, psychiatrique. J’ai tenté de vous contacter hier et j’ai alors appris avec joie que Luc Mouthon est devenu chef de service à Cochin. Luc, qui était interne à l’époque, est aujourd’hui responsable d’un service. Je le salue chaleureusement et je le félicite.
Il y a quelques années, j’avais appris qu’Olivier était devenu chef de service à Necker.
Cette expérience à Avicenne, sous votre responsabilité et votre bienveillance et sous la bienveillance et la responsabilité de Philippe, lequel me permettait de squatter son bureau pour recevoir entre autres, madame R, m’a permis de solidifier des hypothèses issues de la clinique de Sigmund Freud et Joseph Breuer, médecin, physiologiste, maître de conférences en médecine interne à l’Université de Vienne en 1875. Madame R, grâce à la cônification du transfert, terme que j’avais conceptualisé comme une greffe du transfert, faisait confiance au médecin, ici, Philippe. Par la suite, Philippe greffe cette confiance que la malade a envers lui, en me la confiant. La malade viendra aux séances de psychothérapie avec moi grâce à cette greffe installée chez la malade par Philippe. Pour être plus explicite, cela se passe de la manière suivante : « Je fais confiance au professeur Casassus, ce dernier m’adresse vers le docteur de Amorim, donc j’adresse ma confiance maintenant aussi au docteur de Amorim ! »
Le cas de madame R, devenue patiente, puis psychanalysante et enfin sujet, position qui signe sa sortie de psychanalyse, a été publié dans la « Revue de psychanalyse et clinique médicale ». Elle est reconnue dans le témoignage clinique comme « madame Gonzalez ». Cette dame a permis qu’à mon tour je construise une théorisation psychanalytique de la clinique avec le malade. Qu’elle reçoive ici toute ma gratitude.
Madame Gonzalez m’avait contacté il y a quelques mois. Très en forme et vivant les difficultés ordinaires de tout un chacun. La vie tout simplement, sans mystification, comme écrit le poète.
Puis viennent les chirurgiens : Rami, Vlad, Stéphane, mon regretté ami Philippe Saffar, le professeur Masquelet. Vous m’avez aidé dans une théorisation déjà indiquée par Freud qui, même avec un diplôme de médecin, faisait appel à l’acte du chirurgien pour expliquer ce qu’est une psychanalyse.
Claire, la consultation publique de psychanalyse a reçu vos patients et vous, ou vos collègues, dans ses locaux parisiens, de la rue Jean-Baptiste Pigalle. Grâce à vous, j’ai pu rencontrer ce monsieur en présentation clinique. Il était sans papier et souffrant de symptômes organiques. C’était en 2003. Depuis, il est en psychanalyse avec Édith de Amorim. Il a un travail, un habitat et des papiers. C’est ce que je nomme la clinique du partenariat. Partenariat du désir du médecin, de la psychanalyste, du patient. Cela est possible en France. Nulle part ailleurs.
J’arrive à notre enfant à tous, le cinquantième colloque du RPH – École de psychanalyse.
Ce cinquantième colloque est le fruit de votre participation, madame, messieurs. C’est grâce à votre confiance, vos bons conseils. Ici, je pense à Vladimir Mitz qui me pousse à nommer mes techniques pour que la transmission soit plus fluide pour les élèves. C’est en pensant à cette proposition que j’ai voulu te rendre hommage, Vlad, ainsi qu’aux chirurgiens en général, en appelant technique de l’écarteur un procédé qui jusqu’à présent a évité des suicides, car je vise dans un premier temps à examiner la haine du Moi en forme de question et, si ce dernier refuse de reconnaître sa volonté de destruction, j’affirme ladite volonté en visant maintenant non les Moi mais directement ses organisations intramoïques (résistance du Surmoi et grand Autre non-barré).
Vous n’avez rien compris ?
Et pourtant, vous êtes tous, sans exception, au cœur de cette réussite.
Amicalement,
Fernando
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