La lettre a une parution mensuelle. Son objectif est d’informer, communiquer et critiquer l’actualité psychanalytique, médicale ou sociétale. Dans la première partie vous trouverez un petit article de « libre opinion ». Dans la seconde, les nouveautés cinématographiques des salles hors du circuit commercial, les films d’auteurs français et étrangers ; les nouveautés et anciennetés littéraires et enfin, les informations concernant le RPH, ses séminaires (lieu, date, responsable) et l’annonce des colloques.
Edith de Amorim est la responsable de la publication. Pour en être destinataire il vous suffit d'en faire la demande sur NOTRE PAGE CONTACT.
Rédacteur en Chef : Edith de Amorim
Editorial
APPROCHE
Entre prudence et ruse, voilà désormais les données de l'approche en tout genre, de toute chose, en tout lieu.
L'approche est cauteleuse ou bien c'est qu'elle est suicidaire, utopique, idéaliste, suspecte, enfin rien qui vaille !
Finie l'emblée : l'ère de l'apothicaire s'ouvre à nous sur l'air de celui qui sait infiniment mieux que tout le monde ce qu'il convient de faire, dire, prendre ! Sauf que cet apothicaire-là, est apothicaire-sans-sucre, autant dire sans suc !
Oublié l'élan : on mesure, on évalue, on met en grille, en cage, on case, on procuste ! Avec l'élan, se brise aussi l'erreur... Qui se trompe encore de nos jours ? Exceptés les fous, les pauvres, les femmes, les hommes... plus personne !
Evanouie la spontanéité, qui n'est plus guère tolérée que chez les bébés, ces insupportables êtres débiles qui ont grandement intérêt à ne pas trop la ramener en dehors des sentiers battus pour eux par des aînés soupçonneux ! C'est entendu : qu'ils rotent, pètent, chient, braillent et s'esclaffent mais pas à côté, ou au-delà, de leur caisse !
Bye ! Bye l'essor qui n'est plus ni social, ni ascensionnel, ni épanouissement mais unaire, exponentiation d'un objet - montre-must-have-before-fifty - élevé au rang de nombre exposant de vie-réussie, coefficient d'indices à Down Jones ou à Cac 40 ! L'essor n'est que or !
Du calcul, des produits, des sommes, des mesures, et des contre-mesures, des produits et des sommes. Des produits ; des sommes. Des sommes et des produits : encore ! Et quelques quotients épars, fruits abhorrés d'un système qui n'aime rien tant qu'engranger, accumuler, accaparer, multiplier, additionner et ... cacher ce sein qu'il ne saurait ne pas avoir !
Sein devenu objet de convoitise et non plus de désir - ce qui, l'air de rien, fait un sacré distinguo.
La convoitise ne laissant place qu'à la voracité, au remplissage, l'empilage, la goinfrerie, et le premier gougnafiasse (équivalent du moderne « addict ») croisé sera l'éclatante illustration de ce que rien, jamais, ne peut la combler, la satisfaire, cette convoitise et qui, de ce fait, nous voue aux gémonies de l'objet it (référence faite au concept de « itbag », pour sac très à la mode), l'objet cause de la vileté de l'approche !
Le désir, lui, ouvre sur rien moins que le manque, manque qui pousse, tire, houspille, et angoisse, qui laisse sur sa faim et, de ce fait, nous traîne - nous mène, et même parfois par le bout du nez - aux gémonies de l'objet a, objet cause du désir, sel de la vie !
La convoitise et son objet it, réel, grossier, éphémère, et toujours décevant, qui est à posséder, à piquer à autrui, est donc reine de ces temps dits tendances ! Et cette convoitise confère à l'approche une allure à pas de loup, autrement dit de prédateur, avec l'haleine de grand carnivore et de langage des Dieux qui vont avec (rappelez-vous le fameux : « si ce n'est toi c'est donc ton frère ! » Jean de La Fontaine, 1621-1695, Fables, Livre Premier, 10).
Car qui convoite et arbore l'objet it parle la langue des Dieux et assène la Vérité, cette chère vieille baderne qui reprend du service auprès de nos sémillants convoiteurs du titre de it-penseur qui n'ont même-pas-peur d'enfoncer les portes ouvertes par les effets de la vermoulure et du langage des mortels.
L'approche d'un retour à Freud par le pipi-caca : cocaïnomane, mari infidèle, qui dit et ne le fait pas, rendez-vous compte ! Or, le retour à Freud a bien eu lieu dans une approche toute différente, nourrie du désir de faire avec l'humain, il est vrai bien trop mortel aux yeux des Dieux de la Cathode !
L'œil - en salles obscures et raccrocs...
L'arnacœur, France, 2010, comédie de Pascal Chaumeil avec Vanessa Paradis, Romain Duris, Julie Ferrier, Xavier Damiens, Helena Noguerra, ... Défaire les histoires d'amour mal emmanchées (pardon !) pour les femmes en les faisant s'éprendre d'un autre homme ; dans le genre casse-gueule ça se pose là mais non, pas du tout, c'est drôle, frais, et il y a de l'approche dans l'air ; et puis les comédiens sont parfaits, les dialogues aussi et puis vous savez quoi ? Rire a du bon !
Lebanon, Israël, 2009, drame de Samuel Maoz avec Michael Moshonov, Oshri Cohe, Itay Tiran, Yoav Donat... Guerre du Liban en 1982 vue de l'intérieur d'un tank israélien perdu dans un dédale angoissant de ruines et de cadavres encore fumants ! Un très beau film, bouleversant, humain et ... mortel ; c'est juste qu'après on peut avoir envie de se détendre ! Réfléchir, tempérer, changer, ont du bon itou !
L'œil au repos, l'oreille aux aguets
Paolo Conte, chanteur italien (né au Piémont le 6 janvier 1937)
Alors voilà, mea maxima culpa ! Aux débuts de l'automne 2008, Paolo Conte sortait un nouvel album intitulé « Psiche » et voilà que je ne le savais pas ! Fort heureusement je n'ai pas passé encore la cinquantaine et je puis donc me considérée comme n'ayant pas ratée ma vie puisque désormais j'ai, j'écoute, réécoute cet album précieux comme de l'air d'un soir d'été de vacances en bord de mer ou à flanc de montagne ou à la campagne ; exactement, comme cet air-là qu'on reconnaît presque par inadvertance ! Le velours râpeux de la voix, les mots italiens, le piano, les chœurs, le burlesque ; et si tous ces arrangements mis ensemble vous donnent envie d'attraper aussi du sens, se sera l'occasion de lâcher l'anglais pour l'italien : why not ? (sur l'air du publicitaire What else ? c'est-à-dire l'air de l'évidence)
C'est de la poésie sous CD, cédez !
!
Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.
Chaque mois un membre praticien de l'association présente une difficulté clinique. La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l'association.
Informations :
J.-B. Legouis : 06.11.89.51.81.
Dates des prochaines réunions :
09.03.10 : A. Capobianco
13.04.10 : J.-B. Legouis
11.05.10 : D. SourrouilleCe séminaire animé par F. de Amorim a pour thème le désir dans la clinique quotidienne du médecin et du psychanalyste. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21h à 22h 30 au 1, rue Lentonnet - 75009 Paris. Il est ouvert aux médecins, étudiants, psychanalystes et psychistes qui pourront apporter des difficultés cliniques à discuter pendant le séminaire.
Informations :
F. de Amorim : 01.47.70.56.02
Dates des prochains séminaires :
23 mars 2010
27 avril 2010
25 mai 2010XVIIIe colloque du RPH
PHOBIE :
STRUCTURE OU SYMPTOME ?
Samedi 29 mai 2010
Mairie du 9ème - Salle du Conseil
[...] Après le colloque sur la névrose hystérique et celui sur la névrose obsessionnelle, le RPH se consacre, dans cette continuité de questionnement sur les grandes structures psychiques, à la névrose phobique. Que fait un clinicien face à une personne qui souffre de phobie ? Quelles sont les fonctions de la phobie et que se cache-t-il derrière cette peur pour le moins handicapante ? Quelle cartographie pour nous orienter dans l'océan clinique ? [...]
Sous la responsabilité de Sara Buguet et Julien Faugeras
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