La lettre

La lettre a une parution mensuelle. Son objectif est d’informer, communiquer et critiquer l’actualité psychanalytique, médicale ou sociétale. Dans la première partie vous trouverez un petit article de « libre opinion ». Dans la seconde, les nouveautés cinématographiques des salles hors du circuit commercial, les films d’auteurs français et étrangers ; les nouveautés et anciennetés littéraires et enfin, les informations concernant le RPH, ses séminaires (lieu, date, responsable) et l’annonce des colloques.

Edith de Amorim est la responsable de la publication. Pour en être destinataire il vous suffit d'en faire la demande sur NOTRE PAGE CONTACT.


Rédacteur en Chef : Edith de Amorim


05-02-2010
Lettre N° 136

LES FRANÇAIZNIKI !

 

        Les Françaizniki ? Parce que Refuzniki ! Ca vous rappelle quelque chose, ce mot tout droit venu du fond des âges antépérestroïkien, préglasnostien ? Les Refuzniki - Refuznik, au singulier ce que, hélas, ils ont toujours été très loin d'être ! - étaient ces Hommes empêchés d'émigrer vers des Cieux autres que ceux chers à l'Union Soviétique ! Ce qu'ils demandaient sonnait mal aux Grandes-Oreilles !

 

        Françaizniki ! Ceux-là s'adressent à la France à travers son administration pour, non pas quitter ce pays qui est une démocratie ne retenant personne contre son gré, mais pour obtenir d'elle des papiers, neufs ou à renouveler, attestant de leur appartenance à cette nation ; or, à l'instar de celle soviétique, l'administration française, aujourd'hui, tergiverse, répugne, renâcle, traîne des pieds, des mains, des coups de tampon, s'en tient à une stricte application d'une loi, et renvoie ces Hommes à des quêtes et des aventures dignes des contes les plus anciens ! Car ceux-là, ces Françaizniki, à défaut de sortir victorieux des épreuves généalogiques que l'administration leur impose, ne seront pas dignes d'en ressortir français, ne pourront faire la preuve d'être de cette citoyenneté ! Leur crime ? Nés à l'étranger ! Cela est aujourd'hui, en France, suffisant à les suspecter et ce jusqu'à la troisième, quatrième, voire cinquième génération !

 

        L'Administration française a prévu, toute honte bue, de solliciter des documents pouvant concerner jusqu'aux arrières, arrières grands-parents, maternels ou paternels, ou bien les deux ! Fichtre, ça en fait du monde sur sa sellette !

 

        Mais, diantre, d'où surgit cette ouverture, nouvelle par sa franchise si hardie et maladroite, des hostilités à l'encontre de ceux « nés à l'étranger » au risque d'emporter ce bébé-français avec l'eau mêlée, mélangée, mixtionnée, coupée, et frelatée du bain ?

 

 

.../...

 

          Il semble, qu'aux yeux de cette administration, ce bébé ne vaille que sec, sec, sec, comme le hareng saur de Charles Cros, à se demander si cette loi « simple, simple, simple » n'a pas été composée « Pour mettre en fureur les gens graves, graves, graves, Et amuser les enfants, petits, petits, petits. » ? (Le hareng saur, poème de Charles Cros, in Le coffret de Santal, 1873)

 

        Bref, un bébé sec, indemne de toute souillure ! Propre sur lui, sous lui, en lui ! Pure et immaculée conception administrative du Français : désormais, il procède de la Mère Patrie, une, indivisible, intangible, indispersée, indissipée, inéparpillée ! Les Français sont donc d'abord et avant tout, et uniquement, nés en France !

 

          C'est donc simple, simple, simple, à en devenir réducteur, petit, sans souffle, sans mémoire, sans Histoire, sans savoir, sans Humanités ! Un simple qui fleure son simplisme ! Une bien simplette simplification, qui tente de donner le jour à une nationalité bien falote, bien frileuse, bien innocente, bien épurée, bien apurée... une belle purée sans grumeaux ! Tellement simplette que, non contente de malmener les Français et leur Histoire, elle rudoie le français et édite sous l'entête du ministère de la justice : « Le certificat de nationalité Française constitue le seul mode légal de preuve de votre nationalité Française (article 31-2 du Code Civil) » quand les noms de langue et les nationalités employées comme adjectifs prennent toujours une minuscule ! Cette règle apprise sur les bancs d'une l'école élémentaire en Moselle, département de la Lorraine, en France, m'habite. Sans doute un scrupule à ne pas confondre cette manie de l'allemand à mettre presque partout des majuscules, à l'exception des adjectifs !         Dernier recours pour les Françaizniki : les Immortels sous leur coupole qui revendiquent que : «... l'attachement résolu à la langue française répond à une exigence à la fois politique, juridique et littéraire. » (www.academie-francaise.fr) : sauvez le F(f)rançais !

L'œil - en salles obscures et raccrocs...

 

Chaque jour est une fête, Allemagne, France, Liban, 2009, drame de Dima El-Horr avec Fadi Abi Samra, Raïa Haïdar, Manal Khader... Orient, Liban, guerre, femmes, désert, morts, quelques hommes, vieux ou veufs, jeunes et inquiétants... et trois femmes en talons, en claquettes, sur des routes défoncées, des sentiers rocailleux, des terrains accidentés qui jamais ne se mettront pieds nus ; tant pis, j'l'ai dit !

 

L'œil - en vers de cet antan

Gabriel-Charles de L'Attaignant, Abbé, (vers 1697-1779), chansonnier (J'ai du bon tabac...) et poète français : « Le mot et la chose » [lecture en colonnes, comme un journal]

 

Madame quel est votre mot
Et sur le mot et sur la chose
On vous a dit souvent le mot
On vous a fait souvent la chose

Ainsi de la chose et du mot
Vous pouvez dire quelque chose
Et je gagerais que le mot
Vous plaît beaucoup moins que la chose

Mais c'est la chose avec le mot
Mais c'est le mot avec la chose
Autrement la chose et le mot
A mes yeux seraient peu de chose

Je crois même en faveur du mot
Pouvoir ajouter quelque chose
Une chose qui donne au mot
Tout l'avantage sur la chose

C'est qu'on peut dire encore le mot
Alors qu'on ne fait plus la chose
Et pour peu que vaille le mot
Mon Dieu c'est toujours quelque chose

De là je conclus que le mot
Doit être mis avant la chose
Qu'il ne faut ajouter au mot
Qu'autant que l'on peut quelque chose

Et que pour le jour où le mot
Viendra seul hélas sans la chose
Il faut se réserver le mot
Pour se consoler de la chose

 

 

 

Pour vous je crois qu'avec le mot
Vous voyez toujours autre chose
Vous dites si gaiement le mot
Vous méritez si bien la chose

Que pour vous la chose et le mot
Doivent être la même chose
Et vous n'avez pas dit le mot
Qu'on est déjà prêt à la chose

Mais quand je vous dis que le mot
Doit être mis avant la chose
Vous devez me croire à ce mot
Bien peu connaisseur de la chose

Et bien voici mon dernier mot
Et sur le mot et sur la chose
Madame passez-moi le mot
Et je vous passerai la chose

 

 


Les réunions cliniques

du RPH

Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.

 

Chaque mois un membre praticien de l'association présente une difficulté clinique. La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l'association.

Informations :

J.-B. Legouis : 06.11.89.51.81.

 

Dates des prochaines réunions :

09.02.10 : J. Gonzalez

09.03.10 : J.-B. Legouis

Le séminaire du RPH

 

Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème le désir dans la clinique quotidienne du médecin et du psychanalyste. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21h à 22h 30 au 1, rue Lentonnet - 75009 Paris. Il est ouvert aux  médecins, étudiants, psychanalystes et psychistes qui pourront apporter des difficultés cliniques à discuter pendant le séminaire.

Informations :

F. de Amorim : 01.47.70.56.02

 

Dates des prochains séminaires :

23 février 2010

23 mars 2010

Les rendez-vous du RPH

 

XVIIIe colloque du RPH

PHOBIE :

STRUCTURE OU SYMPTOME ?

Samedi 29 mai 2010

Mairie du 9ème - Salle du Conseil

 

[...] Après le colloque sur la névrose hystérique et celui sur la névrose obsessionnelle, le RPH se consacre, dans cette continuité de questionnement sur les grandes structures psychiques, à la névrose phobique.  Que fait un clinicien face à une personne qui souffre de phobie ? Quelles sont les fonctions de la phobie et que se cache-t-il derrière cette peur pour le moins handicapante ? Quelle cartographie pour nous orienter dans l'océan clinique ? [...]

 

Sous la responsabilité de Sara Buguet et Julien Faugeras

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