La lettre

La lettre a une parution mensuelle. Son objectif est d’informer, communiquer et critiquer l’actualité psychanalytique, médicale ou sociétale. Dans la première partie vous trouverez un petit article de « libre opinion ». Dans la seconde, les nouveautés cinématographiques des salles hors du circuit commercial, les films d’auteurs français et étrangers ; les nouveautés et anciennetés littéraires et enfin, les informations concernant le RPH, ses séminaires (lieu, date, responsable) et l’annonce des colloques.

Edith de Amorim est la responsable de la publication. Pour en être destinataire il vous suffit d'en faire la demande sur NOTRE PAGE CONTACT.


Rédacteur en Chef : Edith de Amorim


06-01-2010
Lettre N° 135

Editorial

 

LASCIATEMI CANTARE !*

 

        C'est un cri, un slogan, lancé, jeté aux oreilles de l'an nouveau ; une bannière immaculée, étoilée, ou élimée - comme vous voudrez -, brandie haut et ferme au regard de 2010 : Lasciatemi-cantare ! Sur l'air de « L'Italiano », chanson de Salvatore - dit Toto - Cutugno  interprétée pour la première fois en 1983 au festival de Sanremo.

 

        Mais, d'abord, place au refrain en version originale :

« Buongiorno Italia, buongiorno Maria

Con gli occhi pieni di malinconia

Buongiorno Dio

Lo sai che ci sono anch'io

Lasciatemi cantare con la chitarra in mano

Lasciatemi cantare una canzone piano piano

Lasciatemi cantare perchè ne sono fiero

Sono un'italiano, un'italiano vero »

        Dont voici la version la plus littérale qui soit :

« Bonjour Italie, bonjour Marie

Aux yeux pleins de mélancolie

Bonjour Dieu

Tu le sais que j'existe, moi aussi,

Laissez-moi chanter, la guitare à la main

Laissez-moi chanter une chanson tout doucement

Laissez-moi chanter car j'en suis fier

Je suis un Italien, un Italien vrai »

 

        En italiques, la phrase qui prête le plus le flan de la littéralité aux malmenages ; ce « Lo sai che ci sono anch'io » aurait tout aussi bien pu se rendre par un « Ne m'oublie pas ! » ; soit supplique, plutôt que défi, à ce Dieu qu'il - l'Italien de la chanson - salue. Mais que l'adresse se fasse sur le mode de la requête ou celui de la provocation, il s'agit de la place à se faire : « Eh ! Dieu, fais-moi une place ! »

 

        Et quelle place reste à prendre entre un omnipotent et une toute mélancolie : en voilà un qui brigue celle d'être un vrai... qui chante !

.../...

* Traduction libre : Dessine-moi un mouton !

        Place, ensuite, à une traduction, moins littérale, un peu plus libre, un peu plus intentionnée, qui supporte aisément une once d'interprétations, un soupçon d'anachronismes, une pointe d'erreurs, sans omettre la bonne pincée d'arrière-pensées, en quoi elle sera réussie et fidèle à sa légende filigranée : traduttore, traditore ! - Profitons de cette période faste en vœux pour émettre celui que 2010 voie enfin la fin de cette idée trompeuse qui veut que « traduttore » et « traditore » ne seraient que simples paronymes ! Que nenni ! Ils sont bien plus germains qu'on ne le pense, entendez par là qu'ils sont bel et bien synonymes, oui ! Preuve en est qu'on ne se prend jamais les pieds dans leur sémantique contrairement à ce qui se passe avec « conjecture » et « conjoncture » ou avec « collusion » et « collision » où, là, nous y sommes en plein dans les paronymes, les vrais, des qui collent aux sens par les sons ... Pour « inculper » et « inculquer », on peut être plus circonspect tant le paronyme peut, parfois, céder le terrain au synonyme...

 

        Mais revenons au dessein de distendre la traduction de sa source : d'emblée, dans l'assez libre, la traduction semble impossible car comment rendre en français ce titre : « L'Italiano » ? « Le Français » ?... Trop gaulois, cocorico, tricolore, trop bateau ; « L'être Français » : si l'expression évite l'ornière cocardière, elle verse dans la complexité, sent sa pitaude faisant sa pédante ! Prenons le dernier vers pour voir si de là un moyen terme est envisageable entre respect de la Lettre et celui de l'Idée : « Sono un'italiano, un'italiano vero » ! Mazette ! On ne fera pas le tube de l'été 2010 avec un « Je suis un français, un français vrai ! ».

 

        Reste l'adaptation libre, très, très libre : « Français, vos Aïeux!... Je suis un français, né à l'étranger, un français vrai issu d'étranger ! Français, vos passés ! Je suis un français, j'ai laisse et passé ! »... par exemple !

 

        Bonne année !

Le bel âge, France 2009, comédie dramatique de Laurent Perreau avec Michel Piccoli, Pauline Etienne, Eric Caravaca, Marie Kremer, Guillaume Gouix... Que sera ... ? Qu'a été... ? Une toute jeune fille, un tout vieux monsieur, la petite-fille et son grand-père : le bel âge ? Mais lequel est-ce ? Celui qui a tout, ou du moins beaucoup encore, à écrire ? Celui qui a tout, ou presque, écrit et qui ne peut se relire sans buter sur de méchantes absences de concordance des temps passés ? 

Charles Cros (1842-1888), poète et inventeur français : « Indignation » [le poème se lit de haut en bas puis à droite]


J'aurais bien voulu vivre en doux ermite,

Vivre d'un radis et de l'eau qui court.

Mais l'art est si long et le temps si court !

Je rêve, poignards, poisons, dynamite.

            Avoir un chalet en bois de sapin !

J'ai de beaux enfants (l'avenir), leur mère

M'aime bien, malgré cette idée amère

Que je ne sais pas gagner notre pain.

Le monde nouveau me voit à sa tête.

Si j'étais anglais, chinois, allemand,

Ou russe, oh ! alors on verrait comment

La France ferait pour moi la coquette.

            J'ai tout rêvé, tout dit, dans mon pays

            J'ai joué du feu, de l'air, de la lyre.

            On a pu m'entendre, on a pu me lire

            Et les gens s'en vont dormir, ébahis...

 

J'ai dix-mille amis, ils ont tous des rentes.

Combien d'ennemis ?... Je ne compte pas.

On voudrait m'avoir aux fins des repas,

Aux cigares, aux liqueurs enivrantes.

Puis je m'en irais, foulant le tapis

Dans l'escalier chaud, devant l'écaillère ;

Marchant dans la boue ou dans la poussière,

            Je retournerais à pied au logis.

Las d'être traité comme les Ilotes

Je m'en vais aller loin de vous, songeant

Que ne je ne peux pas, sans beaucoup d'argent,

Contre tant de culs, user tant de bottes.

 

 

 

(« Le collier de griffes »)


Les réunions cliniques

du RPH

Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.

 

Chaque mois un membre praticien de l'association présente une difficulté clinique. La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l'association.

Informations :

J.-B. Legouis : 06.11.89.51.81.

 

Dates des prochaines réunions :

12.01.10 : J. Faugeras

09.02.10 : J. Gonzalez

09.03.10 : J.-B. Legouis

Le séminaire du RPH

 

Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème le désir dans la clinique quotidienne du médecin et du psychanalyste. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21h à 22h 30 au 1, rue Lentonnet - 75009 Paris. Il est ouvert aux  médecins, étudiants, psychanalystes et psychistes qui pourront apporter des difficultés cliniques à discuter pendant le séminaire.

Informations :

F. de Amorim : 01.47.70.56.02

 

Dates des prochains séminaires :

26 janvier 2010

23 février 2010

Les rendez-vous du RPH

 

XVIIIe colloque du RPH

PHOBIE :

STRUCTURE OU SYMPTOME ?

Samedi 29 mai 2010

Mairie du 9ème - Salle du Conseil

 

Qu'est-ce qu'une structure ? On dit souvent que c'est un agencement. Qu'est-ce qu'un symptôme ? Souvent, on dit que c'est un indice. Alors, la phobie : agencement ou indice ? Organisation ou manifestation ?

 

Nous fait-elle entrer de plain-pied dans une cohérence d'un ensemble dit phobique, ou bien nous place-t-elle face à un signe ?

 

Sous la responsabilité de Sara Buguet et Julien Faugeras

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