La lettre

La lettre a une parution mensuelle. Son objectif est d’informer, communiquer et critiquer l’actualité psychanalytique, médicale ou sociétale. Dans la première partie vous trouverez un petit article de « libre opinion ». Dans la seconde, les nouveautés cinématographiques des salles hors du circuit commercial, les films d’auteurs français et étrangers ; les nouveautés et anciennetés littéraires et enfin, les informations concernant le RPH, ses séminaires (lieu, date, responsable) et l’annonce des colloques.

Edith de Amorim est la responsable de la publication. Pour en être destinataire il vous suffit d'en faire la demande sur NOTRE PAGE CONTACT.


Rédacteur en Chef : Edith de Amorim


16-12-2009
Lettre N° 134

Editorial

 

CADEAUX

 

        Cadeaux ! C'est l'époque qui veut ça, qu'on s'échange, ou se fasse des cadeaux au nom d'un Espoir en un Amour qui vire toujours, toujours, à l'aigre, au vinaigre !

 

        Alors voilà fuligineux et serpigineux : cadeaux ! Même nombre de pieds, même allitération, même queue en « eux », même classe folle grammaticale, même obsolescence, même mode de substantivation : fuligine et serpigine !

 

        Et alors ? me direz-vous. Alors : marions-les ! Synonymisons-les ces deux-là. Après tout, dans cet amas de points communs, il se pourrait bien qu'on leur trouve aussi un sens - même commun - en commun ?

 

        C'est cela le cadeau : une synonymie nouvelle, créée pour l'occasion de ce deux mille neuvième commencement qui se lève, s'enfle, et nous tire encore et encore, ...un peu. Quelle synonymie ? Eh bien ! fuligineux, pris en son sens figuré dans le domaine abstrait de l'idée, des propos, a trait à la chose confuse et obscure, quand serpigineux, en son sens unique - et seulet - tout entier du domaine de la pathologie (aie !) évoque des lésions de la peau ou des muqueuses et met en lumière leur irrégularité, leur sinuosité, les lésions guérissant d'un côté, progressant de l'autre ! Quoi croire ?

 

        Or, en cette période de fêtes d'année pieusement débutante et civilement finissante, en ces temps de débat... (comment dire ?)... fuligineux, en ces temps de crises... serpigineuses, à n'en pas douter nous allons être dépourvu, court en mots pour le dire. Qui peut, à l'heure actuelle et pénible, prétendre pouvoir faire l'impasse sur un nouveau moyen de dire que tout ça est bien confus, obscur, peu sûr ?

 

       Un cadeau pour dire avec des mots nouveaux, pris en désuétude, ce sentiment d'étrangeté qui ravit et étrangle, qui libère et cloue, qui prépare, répare et désempare toujours tout à la fois !

.../...





Ainsi de la question de l'identité qui serait nationale - à l'heure européenne élargissante - dont il est si malaisé de s'emparer sans être aussitôt tout poissé par ce qu'elle contient d'idées de derrière les fagots, la tête, d'arrière-pensées  : fuligineuse ! Ainsi de la question de la crise : bout du tunnel, ou pire à venir ? Mécanisme serpigineux s'il en est ! Et par la grâce toute adjectivale, évitera-t-on de revêtir trop hâtivement les couleurs d'un irrédentisme à l'aloi mal taillé, d'enfourcher cette vieille haridelle du verre contenant une chose (et si c'était de l'huile de ricin ?...) à moitié on-ne-sait-quoi !

 

        Que des mots fassent office de parade, de filet, nous gardant de verser dans un imaginaire identitaire, d'avenir ou riant ou chagrin, n'a pas de quoi surprendre outre mesure ; c'est en ce que nous sommes enduits de démesures, cousus d'excès, bâtis d'outrances, que le recours aux mots pour autre chose que le taïaut surprend, désarçonne, étonne !

 

        Une immodération qui déverse son enflure  promettant, pour tout de suite, un malheur digne des sept plaies d'Egypte : faut qu'ça saigne puisque le Bonheur se fait attendre ! Cette exagération, reprise en force-de-loi sur les réseaux virtuels d'ami-e-s qui brandissent haut, et plus, leurs étendards frappés au coin d'une haine tenace, indélébile, tels « uccidiamo-berlusconi » (tuons-berlusconi) ; cette amplification reprise en boucle-bouclée par ces réseaux associatifs « d'aide » aux malheureux sans papier, sans travail, sans toit, sans foie, sans rate, sans muscle, sans droit..., qui les tirent plus vite, plus sûrement que la mort elle-même, vers l'ornière de la dépendance à perpétuité, du statut d'handicapé à vie !

 

        Cette traque sans rémission d'un bonheur à portée d'icônes, de mirages, d'on-dit, d'utopies, rappelle à s'y méprendre celle des croisés pourfendeurs de l'Autre tout méchant, infidèle qu'aujourd'hui on nomme injustice, CO²...

 

        Fuligineux, serpigineux sont parmi les outils qui questionnent l'objet cause d'une quête !

L'enfer d'Henri-Georges Clouzot, documentaire de Serge Bromberg et de Ruxana Medrea avec dans l'enfer, Romy Scheider et Serge Reggiani... et dans le documentaire Bérénice Bejo et Jacques Gamblin. Des pellicules retrouvées qui mettent en scène un drame, celui de la jalousie ; des images montées qui démontent un drame, celui d'un réalisateur privé de contrainte, exposé à la voracité de ce crédit illimité, qui ne peut plus rien achever de son projet, de sa réalisation. Un documentaire qui parle de cinéma magnifiquement

 

Maurice Carême (1899 - 1978), écrivain et poète belge de langue française : « Le givre »

« Mon Dieu ! Comme ils sont beaux

Les tremblants animaux

Que le givre à fait naître

La nuit sur ma fenêtre

 Il y a un chevreuil

Qui me connaît déjà ;

Il soulève pour moi

Son front d'entre les feuilles.

Ils broutent des fougères

Dans un bois plein d'étoiles,

Et l'on voit la lumière

A travers leurs corps pâles.

Et quand il me regarde,

Ses grands yeux sont si doux

Que je sens mon cœur battre

Et trembler mes genoux.

 

Laissez-moi, ô décembre !

Ce chevreuil merveilleux.

Je resterai sans feu

Dans ma petite chambre.»


Les réunions cliniques

du RPH

Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.

 

Chaque mois un membre praticien de l'association présente une difficulté clinique. La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l'association.

Informations :

J.-B. Legouis : 06.11.89.51.81.

 

Dates des prochaines réunions :

12.01.10 : J. Faugeras

09.02.10 : J. Gonzalez

09.03.10 : J.-B. Legouis

Le séminaire du RPH

 

Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème le désir dans la clinique quotidienne du médecin et du psychanalyste. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21h à 22h 30 au 1, rue Lentonnet - 75009 Paris. Il est ouvert aux  médecins, étudiants, psychanalystes et psychistes qui pourront apporter des difficultés cliniques à discuter pendant le séminaire.

Informations :

F. de Amorim : 01.47.70.56.02

 

Dates des prochains séminaires :

26 janvier 2010

23 février 2010

Les rendez-vous du RPH

 

XVIIIe colloque du RPH

 

PHOBIE :

STRUCTURE OU SYMPTOME ?

Samedi 29 MAI 2010

9h00 - 16h30

 

MAIRIE DU IXème

6, rue Drouot - 75009 PARIS

M° : Richelieu Drouot, Le Peletier

Salle du Conseil

 

Sous la responsabilité de Sara Buguet et Julien Faugeras

: à préciser ultérieurement

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