La lettre a une parution mensuelle. Son objectif est d’informer, communiquer et critiquer l’actualité psychanalytique, médicale ou sociétale. Dans la première partie vous trouverez un petit article de « libre opinion ». Dans la seconde, les nouveautés cinématographiques des salles hors du circuit commercial, les films d’auteurs français et étrangers ; les nouveautés et anciennetés littéraires et enfin, les informations concernant le RPH, ses séminaires (lieu, date, responsable) et l’annonce des colloques.
Edith de Amorim est la responsable de la publication. Pour en être destinataire il vous suffit d'en faire la demande sur NOTRE PAGE CONTACT.
Rédacteur en Chef : Edith de Amorim
Editorial
REMANENCE
A première ouïe, c'est joli, aérien, léger ; presque ça s'envole... et pourtant c'est tout l'inverse : ça reste ! Ca insiste, persiste et ... c'est signé par quelque chose qui n'est même plus là et parfois depuis très longtemps : la rémanence.
Tendons l'oreille aux voies (Sic ! pour le cas où vous vous imagineriez que j'en sois encore, ou toujours, à confondre voix et voie !) que nous détaille le dictionnaire (en l'occurrence celui de l'Académie française en ligne) ; celui-ci indique, entre autres, une acception physique : « Persistance partielle d'un phénomène après disparition de la cause qui l'a provoqué » ; puis une autre psycho-physio. : « propriété de certaines sensations de subsister après la disparation de l'excitation qui leur a donné naissance. » ; une dernière enfin, agricole, histoire de se mettre dans le sens du vent écologique qui souffle sur nos braises : « propriété d'un produit antiparasitaire dont l'action se fait encore sentir dans le temps bien après son application. ».
Fichtre ! Qu'ouïssons-nous ? (Sic !... Je sais ; imaginez, vous avez échappé à un « Qu'ouïons-nous ? » !) Pour penser que tout s'éclaire, il faut être bigrement myope ! Car, enfin, quelle est cette chose qui demeure, seulement occupée à témoigner de ce qui fut et qui n'est plus sans plus se préoccuper d'avancer, de changer, de bouger ? Et le dictionnaire lui-même de nous tendre une main qui de se croire secourable n'en est pas moins redoutable en établissant un lien de synonymie entre rémanence et persistance !
Or, s'il est vrai que ces deux mots ont à voir avec une idée de durée, persistance touche à une durée qui descend, qui va de l'aval, qui débouche ; rémanence, pour sa part, confine à la durée qui remonte, qui va de l'amont, qui retourne à sa source, s'il est permis de s'exprimer ainsi !
.../...
Et ça, quand même, fait une différence assez sacrée pour qu'on puisse, ici, produire des efforts pour arracher rémanence de l'ornière où cette synonymie, qui s'exonère si aisément des détails, la maintient.
Ah, les détails ! Le diable y niche avec sa toute sa bande de gais lurons, comme « l'homme du surmoi » (Jacques Lacan, Séminaire II : Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, p. 308, Paris, Seuil), l'abominable homme des sens, sans omettre cette gracieuseté, l'essence de l'être humain tout d'esprits ceint ; tout ce joli monde pris dans les rets d'infinis entrelacés du très grand et de l'infime, du haut et du très bas, du bon et du pire... d'un incommensurable qu'il faut pourtant bien réussir tant bien que mal à borner : l'infini est pair, il a deux bouts, même si chacun se perdent dans une nuit qu'on dit « des temps » ou un futur sans horizon, il y a bien une source et une embouchure !
Considérons le terme Rémanence comme dépoussiéré, débarrassé de ses faux plis et autres nuances fastidieuses en trompe-l'œil : que reste-t-il ? L'idée d'une durée qui a perdu sa cause... son ancrage, son début.
Ca ne vous rappelle rien ? Cette « ...histoire fondamentale de l'obsessionnel... » en ce qu'elle est entièrement dédiée, tournée vers un maître qu'il croit bien vivant quand il est mort et depuis longtemps de sorte que « ...Plus il [l'obsessionnel] s'accorde de choses, plus c'est à l'autre, à ce mort, qu'il les accorde et il se retrouve éternellement privé de toute espèce de jouissance de la chose. » (Jacques Lacan, op. cit., p. 253).
Vous n'apprendrez rien si, ici, je vous dis que le 28 novembre prochain, le RPH vous propose un rendez-vous sur le thème de la névrose obsessionnelle, n'y voyez que simple persistance, insistance, de notre part !
L'œil - en salles obscures ...
This is it, Etas-Unis, 2008, documentaire de Kenny Ortega avec Michael Jackson et beaucoup d'autres artistes... Beau film musical où les chansons sont montées et montrées jusqu'à leur terme et non entrecoupées d'interview à effet chien-dans-un-jeu-de-quilles ou cheveux-sur-la-soupe ! Evidemment, c'est très bien tant qu'il chante, danse ; dès qu'il parle c'est gênant, vide... Mais on applaudit à chaque chanson comme si c'était en vrai ! Comme s'il était toujours là, ce mort-vivant !
La nana (La bonne), Chili, 2009, drame de Sebastian Silva avec Catalina Saavedra, Claudia Celedon, Alejancro Goic... Une nana qui est bonne dans une famille à l'aise, très bourgeoise, très catho, très heureuse dans une maison grande et belle quelque part loin de chez elle. C'est un film étonnant sur une position ô combien complexe, celle de bonne (à tout faire mais pas tout vraiment)... Une paranoïa qui s'installe, se fraye son chemin en emportant ou l'aveuglement (de la maîtresse de maison et de la bonne) ou l'ire de la jeune fille (de la maison) ; une paranoïa qui sera pourtant ébranlée, cadrée et qui, par le biais de l'amour et de l'identification, permutera en une autre voie, plus possible pour la nana. Des actrices époustouflantes.
L'œil - en vers longue-vue
Wislawa Szymborska (2 juillet 1923 - ) Utopie - De la mort sans exagérer, p. 82, Poésie Fayard, traduit du polonais par Piotr Kaminsiw
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« L'île où tout trouve enfin une bonne explication. |
L'écho prend la parole sans qu'on le lui demande |
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Ici on peut se fonder sur des preuves solides. |
livrant avec ferveur les arcanes du monde. |
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Point de chemins autres que ceux qui touchent au but. |
A droite, la caverne où se reflète le sens. |
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Les buissons plient sous le poids des réponses. |
A gauche, le lagon de Conviction Profonde. |
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C'est ici que pousse l'arbre de la Juste Hypothèse |
La vérité remonte sans peine à la surface. |
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aux branches démêlées depuis l'éternité. |
Au dessus du vallon, le Mont des Certitudes. |
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L'arbre de Compréhension, lumineusement simple |
De son sommet s'étend la vue du Fond des Choses. |
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s'élève près d'une source nommée Alors C'est Ca. |
En dépit de ses charmes, l'île est toujours déserte, et |
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Plus on avance, et plus vaste s'ouvre |
les traces des pas qu'on trouve sur le rivage se |
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la Vallée de l'Evidence |
dirigent tous, sans exception, vers le large. |
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Si un doute subsiste, le vent le chasse tout de suite. |
Comme si l'on ne faisait que repartir d'ici pour |
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plonger sans retour dans les abysses marins. |
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Dans la vie inconcevable.» |
Les réunions cliniques
du RPH
Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.
Chaque mois un membre praticien de l'association présente une difficulté clinique. La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l'association.
Informations :
J.-B. Legouis : 06.11.89.51.81.
Dates des prochaines réunions :
10.11.09 : N. Daquin
08.12.09 : E. de AmorimLe séminaire du RPH
Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème le désir dans la clinique quotidienne du médecin et du psychanalyste. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21h à 22h 30 au 1, rue Lentonnet - 75009 Paris. Il est ouvert aux médecins, étudiants, psychanalystes et psychistes qui pourront apporter des difficultés cliniques à discuter pendant le séminaire.
Informations :
F. de Amorim : 01.47.70.56.02
Dates des prochains séminaires :
24 novembre 2009
22 décembre 2009Les rendez-vous du RPH
XVIIe colloque du RPH
TOC TOC TOC !!!
DESTINS DE LA NEVROSE DE CONTRAINTE
Samedi 28 novembre 2009
9h00 - 16h30
MAIRIE DU IXème
6, rue Drouot - 75009 PARIS
M° : Richelieu Drouot, Le Peletier
Salle Berlioz
Porte B - 4ème étage
Attention, le lieu est nouveau, inédit, on change nos habitudes !
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