La lettre

La lettre a une parution mensuelle. Son objectif est d’informer, communiquer et critiquer l’actualité psychanalytique, médicale ou sociétale. Dans la première partie vous trouverez un petit article de « libre opinion ». Dans la seconde, les nouveautés cinématographiques des salles hors du circuit commercial, les films d’auteurs français et étrangers ; les nouveautés et anciennetés littéraires et enfin, les informations concernant le RPH, ses séminaires (lieu, date, responsable) et l’annonce des colloques.

Edith de Amorim est la responsable de la publication. Pour en être destinataire il vous suffit d'en faire la demande sur NOTRE PAGE CONTACT.


Rédacteur en Chef : Edith de Amorim


15-10-2009
Lettre N° 132

Editorial

 

CHANGEMENT DE SAISON

 

        C'est une saison, un peu zonzon, qui nous ressemble puisque - comme dit, un peu, la chanson à (Sic ! Sic !) Jacques, Joseph et Yves - c'est la saison des aimants désunis...

 

        Car aimants nous sommes et de ceux que les scientifiques disent permanents, par opposition aux autres, les pauvres, temporaires ; aimants permanents qui conservons la plus grande part de notre polarité même après que nous ayons perdu notre champ magnétique extérieur. Ce qui peut, ma foi, constituer une assez bonne définition de l'imaginaire.

 

        Ce champ extérieur qu'on aimante - s'invente - à plaisir se compose principalement d'Artistes, de Penseurs, de Sportifs..., de modèles en somme, avec toutes leurs batteries d'effronteries, de vista, de licences, d'insolence, de courage, de richesses ; aimants farouches de l'idée d'un Art qui témoigne, transporte, apporte, libère, ouvre, entraîne à sa suite ; surtout, sans faiblir, on s'attire vaille que vaille la postérité, cette lumière que les Uns ou les Autres jettent sur les vivants et les morts pour les siècles des siècles, autre façon de parler d'éternité !

 

        Or, cette saison nous gratifie d'un délestage des plus sauvages polluant gravement et pour longtemps nos champs magnétiques, malmenant ce capital de polarité en mazoutant nos plus chères idylles : fidélité, reconnaissance, certitude, assurance, droite, gauche, Sud, Nord, homme, femme, beau, laid, père, mère... Nos zénith repeints à l'ombre des doutes : et si c'était plus compliqué ? Et si c'était vrai, ce que l'autre, là, dit ?  Et si ce n'était pas ma mère ?

 

        C'est qu'en ces jours, le principe, l'éthique, le Nord, bref ce « vaste albatros » - hier encore majestueux - est venu se vautrer sur le pont pas très propre de bateaux de forbans voguant pour leurs tous petits comptes. A quoi sert l'Art d'un Charles qui s'échine, s'éreinte à nous léguer : « Ses ailes de géant l'empêchent de marcher ! » ?






C'est une saison qui nous dépouille : « Elle ne détruit pas seulement la beauté des paysages qu'elle traverse et les œuvres d'art qu'elle frôle sur son chemin, elle brise aussi notre fierté pour les acquisitions de notre culture, notre respect pour tant de penseurs et artistes, [...] Elle souille la haute impartialité de notre science, fait apparaître notre vie pulsionnelle dans sa nudité, déchaîne en nous les esprits mauvais que nous croyions durablement domptés par l'éducation poursuivie au long des siècles par les plus nobles d'entre nous. Elle rend notre patrie de nouveau petite [...] Elle nous dépouille de tant de choses que nous avons aimées et nous montre la caducité de maintes choses que nous avons tenues pour stables. » (texte retranscrit librement de l'imparfait au présent et extrait de Passagèreté (Vergänglichkeit) de Sigmund Freud, in OCF, vol. XIII, p.323)

        Cette saison qui fait de l'homme de l'art un parfait justiciable (encore heureux !) ou un médiocre politique (encore raté !), qui tend à nous faire croire qu'un homme ordinaire serait un génie, dresse un champ nouveau, mouvant, engloutissant l'opposition entre des pôles qui sont, non plus distincts, mais tout relatifs ! Ah ! Benoît a bien raison qui fait du relativisme un poison redoutable pour tous les esprits, les saints comme les autres.

 

        C'est la saison du contre-pied : on encense, on se reprend, on se méprend, on invective, on se rétracte, on considère, déconsidère : à quel saint se vouer pour lui faire enfin sa fête ? Et enfin l'oublier car « Passée la fête, adieu le saint ! »...

 

        C'est la saison des loups à jeun qui cherchent aventure ...

 

        C'est une saison qui nous ressemble mais ne nous rassemble pas, plus !

 

        Vivement qu'on en sorte !

L'œil - en salles obscures et lumineuses...

Violent days, France, 2004, drame, musical, de Lucile Chaufour avec Serena Lunn, Franck Musard, Frédéric Beltran, François Mayet, et la cohorte des humbles, des anonymes, sans-grade ... Entre Paris et le Havre, hier, avant-hier, aujourd'hui ? Un monde d'hommes perdus arrimés, sans trop le savoir, à des femmes qui s'éreintent à leur faire la part belle pour s'y croire elles-aussi ; un monde où le « on s'arrange » tient ensemble l'homme et la femme ; un monde où les femmes se la bouclent et les hommes aussi ; un monde de mythes fondateurs et cruels. Un film sur le Rock n' Roll, version backstage. Beau film. Avec une belle chute...

 

Fish Tank, Etats-Unis, 2008, Drame d'Andrea Arnold avec Katie Jarvis, Kierston Wareing, Michael Fassbender, Harry Treadaway... Grande Bretagne, banlieue, misère, mère sans mari avec amant, deux filles sans père avec rage et gros espoirs... Tous les ingrédients sont là mais Andrea les mêle avec un savoir-faire à nul autre pareil : mille fois on redoute le mal finir or, neuf cent quatre vingt dix neuf fois ça finit pas comme ça. Des actrices et des acteurs qui vous emportent avec eux sans qu'il soit moyen de leur offrir une quelconque résistance...

L'œil - en salles obscures et très obscures...

Fuera de Carta (A la carte), Espagne, 2008, comédie de Nacho Garcia Velilla. Navrant

 

L'œil - en vers solitaires

Paul Valéry (1871 - 1945) « La Jeune Parque » (Poésie Gallimard, p. 19) Pour ce qu'il nous dit, lui, de la contrainte...

 

« [...] « Va ! je n'ai plus besoin de ta race naïve,

Cher Serpent... Je m'enlace, être vertigineux !

Cesse de me prêter ce mélange de nœuds

Ni ta fidélité qui me fuit et devine...

Mon âme y peut suffire, ornement de ruine !

Elle sait, sur mon ombre égarant ses tourments,

De mon sein, dans les nuits, mordre les rocs charmants ;

Elle y suce longtemps le lait des rêveries...

Laisse donc défaillir ce bras de pierreries

Qui menace d'amour mon sort spirituel...

Tu ne peux rien sur moi qui ne soit moins cruel,

Moins désirable... Apaise alors, calme ces ondes,

Rappelle ces remous, ces promesses immondes...

Ma surprise s'abrège, et mes yeux sont ouverts.

Je n'attendais pas moins de mes riches déserts

Qu'un tel enfantement de fureur et de tresse :

Leurs fonds passionnés brillent de sécheresse

Si loin que je m'avance et m'altère pour voir

De mes enfers pensifs les confins sans espoirs...

Je sais... Ma lassitude est parfois un théâtre. [...] »
   


Les réunions cliniques

du RPH

Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.

Chaque mois un membre praticien de l'association présente une difficulté clinique. La réunion estouverte uniquement aux membres praticiens de l'association.

Informations :

J.-B. Legouis : 06.11.89.51.81.

 

Dates des prochaines réunions :

13.10.09 : M. Salza

10.11.09 : N. Daquin

Le séminaire du RPH

 

Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème le désir dans la clinique quotidienne du médecin et du psychanalyste. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21h à 22h 30 au 1, rue Lentonnet - 75009 Paris. Il est ouvert aux  médecins, étudiants, psychanalystes et psychistes qui pourront apporter des difficultés cliniques à discuter pendant le séminaire.

Informations :

F. de Amorim : 01.47.70.56.02

 

Dates des prochains séminaires :

27 octobre 2009

24 novembre 2009

Les rendez-vous du RPH

 

XVIIe colloque du RPH

 

TOC TOC TOC !!!

DESTINS DE LA NEVROSE DE CONTRAINTE

 

Samedi 28 novembre 2009

9h00 - 16h30

 

MAIRIE DU IXème

6, rue Drouot - 75009 PARIS

M° : Richelieu Drouot, Le Peletier

Salle Berlioz

Porte B - 4ème étage

 

Attention, le lieu est nouveau, inédit, on change nos habitudes !

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