La lettre

La lettre a une parution mensuelle. Son objectif est d’informer, communiquer et critiquer l’actualité psychanalytique, médicale ou sociétale. Dans la première partie vous trouverez un petit article de « libre opinion ». Dans la seconde, les nouveautés cinématographiques des salles hors du circuit commercial, les films d’auteurs français et étrangers ; les nouveautés et anciennetés littéraires et enfin, les informations concernant le RPH, ses séminaires (lieu, date, responsable) et l’annonce des colloques.

Edith de Amorim est la responsable de la publication. Pour en être destinataire il vous suffit d'en faire la demande sur NOTRE PAGE CONTACT.


Rédacteur en Chef : Edith de Amorim


17-09-2009
Lettre N° 131

Editorial

 

ENTREE !

 

        Incroyable comme une seule lettre qui manque peut défaire un mot de son fagot d'épines ! En l'occurrence, le congédiement du r se révèle plutôt payant puisque, convenons-en sans barguigner, il s'agissait d'éviter l'appel d'air du marronnier de la fin d'été et de tenter d'ajouter des ailes à ce moment copieusement assommant : la rentrée !

 

        Au passage, on notera l'air foncièrement réitératif de cet r ; « rentrée » sent son coucou, son nous-revoilà, son attendu cent fois, alors qu' « entrée », indéniablement, fleure bon l'enthousiasmé, le découvert, l'osé... Qui peut soutenir, sans rougir, frémir ou tressaillir, qu'un « Faire sa rentrée » et un « Faire son entrée » soient similaires ?

 

        Trêve de bavardages, poussons l'avantage à faire de ce r l'aubain qui nous lègue l'avantageuse fortune de l'allante allure et faisons donc, en ce septembre-ci dit 2009, notre entrée !

 

        On entre en septembre comme on entre en sixième, en contact... c'est nouveau, frais, léger et pétillant et plein d'aplomb ; ça nous change des jambes lourdes, en coton, des semelles de plomb et des têtes-à-j'en-ai-marre-d'la-vie !

 

        L'entrée, surtout, nous sort du sempiternel, toujours pareil, nous change de disque et nous dispense du fabuleux on-ne-m'y-reprendra-plus ! Et, tout de même, ça n'est pas rien !

 

        Car, bien sûr on nous y reprend et on s'en repend sur le même air honteux et confus et toujours trop tard, bien sûr ! Peut-être est-il temps, en ce septembre lourd de menaces, de tordre enfin le cou à ces serments tardifs et vains et de faire valoir à ce piètre corbeau le bien fondé de la règle qui veut qu'on ne chante pas la bouche pleine et qu'enfin il cesse de signer pour un voyage sans retour au pays des regrets immarcescibles.

 






Car, la rentrée ramène à cet instant malencontreux de la proie échappée pour l'ombre du remord ; l'entrée amène à ce temps où les leçons s'apprennent sans qu'il faille pour cela la payer d'une livre de chair ou d'un beau camembert !

 

        Cependant, si on ne rentre que dans ce qu'on croit connaître, savoir ; on rentre, on se souvient, on se prépare, on s'attend, il est à remarquer qu'on entre et on espère or, l'espoir s'enfle de s'abreuver à une eau parfois bien noire !

 

        Aussi l'alternative parait raide : soit on rentre, on est confus, abattu, soit on entre et on s'aperçoit soudain qu'on est tout nu ! Dès lors, la distinction se fait distinguo tant il apparaît difficile de maintenir l'avantage d'être nu à être attifé par la première flatterie venue.

 

        Mais lorsqu'on entre après être beaucoup rentré dans les forêts épaisses et fourmillantes des contes et légendes de notre jeunesse, on espère ... d'un autre bois ; non plus le tendre dont on fait les pipeaux, mais le dur qui fait les bateaux qui filent au ras des eaux, des flots, bravant les vents, les mutineries, les Moby Dick et les sirènes ; le bois de ce bateau change de par son équipage : Achab et son obsession sont passés par-dessus bord ; Cendrillon, Aurore, Blanche Neige et compagnie nous vomissent sur les gaillards d'avant et d'arrière leurs jalousie, fantasme et haine ; même Carabosse se tait et hisse la grand voile...

 

        Car cette entrée après maintes et mêmes rentrées est celle de l'analyse qui enfin nous fait prendre un large vers cette autre terre nullement promise si ce n'est par nous-même il y a si longtemps !

 

        Bonne entrée à vous !

L'œil - en salles obscures et sans reprise

Good Morning England, britannique, 2009, comédie de Richard Curtis avec Philip Seymour Hoffman, Rhys Ifans, Bill Nighy... Au temps des ondes prisonnières, une radio pirate émet depuis la haute mer du rock ‘n roll et des blagues potaches... C'est aussi le temps du rock un - gros - rien viril avec les gros sabots qui vont avec...

 

Il pranzo di Ferragosto (Le déjeuner du 15 août), italien, comédie de Gianni Di Gregorio avec Gianni di Gregorio, Valeria De Franciscis, Marina Cacciotti... Rome, le week-end du 15 août, le soleil de plomb, les rues désertes, un vieux garçon, ses ennuis avec la copropriété, sa vieille mère et les vieilles mères de ses obligeants amis syndic et médecin... et un repas festif entre vivants depuis longtemps et alors...

 

Inglorious Basterds, américain, 2008, drame de Quentin Tarantino, avec Christopher Waltz, Mélanie Laurent, Brad Pitt... Troublante cette façon de filmer une histoire mille fois racontée : les méchants, les alliés et les victimes sont bien là, c'est juste que le nazi nous fait rire aux éclats et nous éblouit par son intelligence, sa pétulance et le soldat américain juif vous fait frémir d'horreur... C'est polyglotte et la guerre c'est la guerre !

 

L'œil - en prose

Claudius Saunier (19ème) « Le temps : ses divisions principales ses mesures et leurs usages aux époques anciennes et modernes » (Parmantier, 1858) (source Internet Google)

 

« [...] Dégagé d'abstraction philosophique, ce temps n'est plus, pour la généralité des êtres pensants, qu'une chaîne non interrompue de jours et de nuits. Chaîne aux anneaux d'or pour quelques-uns, aux mailles de fer pour le plus grand nombre : mais qu'ils soient éclairés par des soleils purs ou qu'ils soient attristés par des ombres, tous ses jours, bons ou mauvais,  l'homme les compte, les nomme, les mesure.

 

La nature elle-même a fourni les grandes divisions primordiales ; celles qu'on a dites naturelles par opposition aux divisions arbitraires ou artificielles, indiquées par d'admirables produits de l'industrie. Chefs-d'œuvre que l'homme, atome rampant sur un morceau de boue, selon un orgueilleux philosophe, a su cependant puiser dans les profondeurs de son génie. »


Les réunions cliniques

du RPH

Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.

 

Chaque mois un membre praticien de l'association présente une difficulté clinique. La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l'association.

Informations :

J.-B. Legouis : 06.11.89.51.81.

Dates des prochaines réunions :

13.10.09 : M. Salza

10.11.09 :S. Buguet

Le séminaire du RPH

 

Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème le désir dans la clinique quotidienne du médecin et du psychanalyste. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21h à 22h 30 au 1, rue Lentonnet - 75009 Paris. Il est ouvert aux  médecins, étudiants, psychanalystes et psychistes qui pourront apporter des difficultés cliniques à discuter pendant le séminaire.

Informations :

F. de Amorim : 01.47.70.56.02

Dates des prochains séminaires :

 

27 octobre 2009

24 novembre 2009

Les rendez-vous du RPH


Groupes de lecture des œuvres de Jacques Lacan,

- le troisième vendredi de chaque mois, 1 rue Lentonnet Paris 9e, de 21h à 22h30, animé par Fernando de Amorim ;
- le premier mardi, 33 rue Pigalle Paris 9e, animé par Jean-Baptiste Legouis

Groupes de lecture des œuvres de Sigmund Freud se réunissant mensuellement au siège du RPH - 33, rue Pigalle - 75009 Paris, de 21h à 22h30 :
- le deuxième lundi, animé par Julien Faugeras
- le troisième mardi, animé par Edith de Amorim
- le premier jeudi, animé par Julie Gonzalès

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