La lettre

La lettre a une parution mensuelle. Son objectif est d’informer, communiquer et critiquer l’actualité psychanalytique, médicale ou sociétale. Dans la première partie vous trouverez un petit article de « libre opinion ». Dans la seconde, les nouveautés cinématographiques des salles hors du circuit commercial, les films d’auteurs français et étrangers ; les nouveautés et anciennetés littéraires et enfin, les informations concernant le RPH, ses séminaires (lieu, date, responsable) et l’annonce des colloques.

Edith de Amorim est la responsable de la publication. Pour en être destinataire il vous suffit d'en faire la demande sur NOTRE PAGE CONTACT.


Rédacteur en Chef : Edith de Amorim


01-08-2009
Lettre N° 130

Editorial

 

QUIZ DE VACANCES EN CRISE :

UN TEMPS POUR TOUT !

 

        On nous dit qu'il y aurait un temps pour tout : « Il y a un temps pour tout ! » ; phrase assénée sur un ton gros de réprimande ou de  suffisance, comme s'il existait un temps sécable, séparable, isolable, blanc comme neige, indemne de toute contamination, intact, suspendu comme dans ce vers pieu du poète amoureux !

 

        Cette idée de temps idéal, bien rangé et bien gardé comme les petits cochons, de temps « pour soi », de temps assigné à telle ou telle activité, de temps comme argent, de temps comme retraite, de temps comme outrage, de temps comme retard, de temps comme menace, de temps considéré comme vrai ou comme sidéral, de temps égal, parfait, impeccable, de temps en temps, et de temps en un pour tout, cette idée-là, toute fausse et reçue qu'elle soit, a du génie : celui de nous faire passer le temps !

 

        Puisque sous nos latitudes, août est le mois par excellence du farniente, à l'exception des pompiers, des restaurateurs, des étudiants pauvres, des chômeurs, des ministres de l'agriculture, des stagiaires, des pigistes, des mères de famille, des escort-girls ..., voici un petit quiz pour agrémenter ce cours du temps aoûtien.

 

        C'est un quiz qui consiste à attraper au vol un mot lancé et à le renvoyer à son envoyeur avec l'une des raquettes mises à votre disposition ; on peut, si on le veut, faire usage de toutes les raquettes offertes mais ne sera pris en compte que le premier jet :

 

Nyctémère (nycthémère) : propos insultants ? vingt-quatre heures ?

Evidemment, dans le temps d'entendre, outre celui de comprendre, il y a du temps pour les similitudes prêtant à confusion, prêtant à démasquer le désir tapie là dans son coin !

 

.../...

 

 

 

 

Pour trouver la bonne réponse, à moins que d'être un Professeur Tournesol, nul n'est besoin de savoir que nyctémère (nycthémère) nous vient du grec pour dire une durée de vingt-quatre heures. En quoi ce mot est plus précis que « jour » qui, des fois, veut dire « jour » et des fois veut dire « jour et nuit comprise » ! Mais, outre l'inconvénient d'être mal compris - entendez entendu - en faisant usage de ce « nyctémère » (ou nycthémère) il n'en demeure pas moins qu'il est d'un usage fort peu commode, un peu trop emprunté. Et c'est là qu'intervient la seconde partie de notre quiz : faire une phrase avec le mot tel que renvoyé en première intention !

 

Admettons qu'on ait opté pour « Propos insultants », voici ce qu'alors on pourrait dire : « Nique tes mères, mon pote, déjà j'ai pas le temps d'aller voir ma coursière (mère porteuse, ndt !) alors ma banquière ! (mère intentionnelle, ndt !) » On notera le charme immarcescible à faire usage du familier comme Freud l'a démontré. Admettons maintenant que « Vingt-quatre heures » ait fait l'objet de notre choix, voici ce qui pourrait se tenter : « Ma sœur et moi c'est le nyctémère ! » Pas génial ! Essayons autrement : « J'ai travaillé nyctémère à ce mémoire ! » Il ne reste plus que cette possibilité : « Le jour et la nuit réunis portent le nom de nyctémère. » ; reconnaissons que sans « nique ta mère », « nyctémère » (ou nycthémère) n'aurait pas vu le jour ici !


Toutefois, en dépit de sa rigueur corsetée, « nyctémère » (ou nycthémère) nous en apprend de bien bonnes et voilà venir le temps tant attendu de notre quiz aoûtien, le temps précieux de prendre quelques nourritures roboratives : dans « nyctémère » il y a « nyct » (du grec pour « nuit ») et ouvre sur des « nyctalgie » autrement dit des douleurs survenant uniquement la nuit, ou sur des « nycturie » pour parler d'élimination urinaire au cours de la nuit. Et en guise de remue-méninges, voici « nyctophobie » et « nyctophonie » et je ne vous souhaite pas d'être un nyctophobe doublé d'un nyctophone ! Bonne vacances.

L'œil - en salles obscures et en reprises

Divorzio all'italiana (Divorce à l'italienne), Italie, 1962, comédie de Pietro Germi avec Marcello Mastroianni, Daniela Rocca, Stefania Sandrelli... Il s'avère qu'il s'agit plutôt d'un divorce à la sicilienne agrémenté d'un désir cru et saupoudré de quelques principes nobiliaires et on parvient à cet infâme divorce ou comment la Loi fait le péché.

 

Hikô Shôjo (Une jeune fille à la dérive), Japon, 1963, drame de Kirio Urayama avec Masako Izumi, Mitsuo Hamada...  Dans un Japon démantibulé, désarticulé, qui veut croire refermées pour toujours les plaies qu'il s'infligea et qu'on lui infligea et quel meilleur remède que de faire comme si elles n'existaient plus en courant se blottir sous les hardes du vainqueur, dans ce Japon une jeune fille s'ivrogne, vole, se désole, s'échappe et part à Osaka ; elle gagne mais pas seule !

L'œil - de vers

Marcus Vinicius da Cruz de Melo Moraeis dit Vinicious de Moraeis (1913 - 1980)
- Poétique - Poetica

 

Le matin je sombre
Le jour je tarde,
L'après-midi je me couche
La nuit je brûle.
          A l'ouest la mort
          Contre qui je vis
          Captif du sud
          L'Est est mon nord
Les autres qui comptent
Pas à pas :
Je meurs hier
          Je nais demain
          Je marche où il y a de la place :
          Mon temps est quand

De manhã escureço
De dia tardo
Da tarde anoiteço
Da noite ardo
          A oeste a morte
          Contra quem vivo
          Do sul cativo
          O este é o meu norte
Outros que contam
Passo por passo :
Eu morro ontem
          Nasço amanhã
          Ando onde hà espaço :
          Meu tempo é quando




Les réunions cliniques

du RPH

Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.

 

Chaque mois un membre praticien de l'association présente une difficulté clinique. La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l'association.

Informations :

J.-B. Legouis : 06.11.89.51.81.

Dates des prochaines réunions :

08.09.09 : M.-H. Viel

13.10.09 : M. Salza

Le séminaire du RPH

 

Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème le désir dans la clinique quotidienne du médecin et du psychanalyste. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21h à 22h 30 au 1, rue Lentonnet - 75009 Paris. Il est ouvert aux  médecins, étudiants, psychanalystes et psychistes qui pourront apporter des difficultés cliniques à discuter pendant le séminaire.

Informations :

F. de Amorim : 01.47.70.56.02

Dates des prochains séminaires :

 

22 septembre 2009

27 octobre 2009

Les rendez-vous du RPH

 

Groupes de lecture des œuvres de Jacques Lacan,

- le troisième vendredi de chaque mois, 1 rue Lentonnet Paris 9e, de 21h à 22h30, animé par Fernando de Amorim 

- le premier mardi, 33 rue Pigalle Paris 9e, animé par Jean-Baptiste Legouis

Groupes de lecture des œuvres de Sigmund Freud se réunissant mensuellement au siège du RPH – 33, rue Pigalle – 75009 Paris, de21h à 22h30 :

- le deuxième lundi, animé par Julien Faugeras

- le troisième mardi, animé par Edith de Amorim

- le premier jeudi, animé par Julie Gonzalez

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