La lettre

La lettre a une parution mensuelle. Son objectif est d’informer, communiquer et critiquer l’actualité psychanalytique, médicale ou sociétale. Dans la première partie vous trouverez un petit article de « libre opinion ». Dans la seconde, les nouveautés cinématographiques des salles hors du circuit commercial, les films d’auteurs français et étrangers ; les nouveautés et anciennetés littéraires et enfin, les informations concernant le RPH, ses séminaires (lieu, date, responsable) et l’annonce des colloques.

Edith de Amorim est la responsable de la publication. Pour en être destinataire il vous suffit d'en faire la demande sur NOTRE PAGE CONTACT.


Rédacteur en Chef : Edith de Amorim


01-07-2009
Lettre N° 129

Editorial

 

DEVOIRS DE VACANCES EN TEMPS

DE CRISE : (SIC), HIC

 

 

        En vacances, c'est entendu, on se repose, on s'expose, on fait des choses autres ou autrement : pas à la même heure, à la même fréquence ; on ne presse le pas que sous la menace de l'orage qui gronde, on ne compte plus ses sous que pour un avenir tout proche, on occupe sa place au soleil à des heures inhabituelles pour un mardi, un jeudi ... En vacances, adieu week-end et seigneur, samedis et dimanches sont jours de semaine comme les autres ; on ne s'habille qu'en fonction du ciel, du vent la nuit ... En vacances, les parents y laissent toujours quelques plumes en passant leurs tenues estivales et les enfants se diluent dans un temps qui ne s'emploie plus ... En vacances, on a mal ailleurs qu'à l'accoutumé... En vacances tout, donc, change. Tout ?

 

        Non, pas tout, car il existe une place forte qui résiste farouchement à l'envahisseur plaisancier et à ses assauts de crèmes glacées, à ses déferlements d'ambre solaire, à ses invasions de grains de sable et de moustiques : notre pensée qui veille, reste en alerte, nous retient par la manche d'aller nous plonger trop profond dans les gorges sépulcrales d'un farniente menaçant toujours de débordements mal venus. En vacances, quoi qu'on en dise, ou en pense, on pense !

 

        Or, pour éviter de n'avoir plus comme lieux d'ancrage où arrimer sa cargaison de pensées par ces temps gros d'une chronologie sans repère, les rubriques nécrologiques ou économiques, rien de tel qu'un devoir de vacances.

 

         Car cela n'aura échappé à personne, cet été 2009 est celui d'une crise déjà vieille d'une année au moins, quoi qu'on la dénie. On comprend combien il est impérieux pour le vacancier lambda de prévoir, à côté de ce qui ne saurait sérieusement s'oublier - la cohorte des licenciements, le débarquement des grévistes, la

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Blitzkrieg des irrédentistes dépossédés de leur espoir d'un avenir meilleur pour leurs enfants, les bataillons d'orgueilleux blessés par l'abject abandon des bourses qu'ils chérissaient pourtant tendrement, bref le débordement de ces nouveaux venus grossir les rangs déjà bien fournis des sans-grade et des obscurs - de prévoir disais-je d'apporter avec lui, l'estivant, sur la plage ou les alpages, dans ses bagages ce (sic) et ce hic, so chic and so cheap ! (traduction libre : tellement chics et bon marché) histoire de ne pas que ruminer, remâcher, ressasser, broyer du noir tout au long de ce temps tout pour lui.

 

        Pourquoi continuer à ignorer plus longtemps (sic) et hic ? Ils sont, ces deux-là, de très haute futaie : ils nous viennent du latin, c'est dire s'ils en ont vu du pays ! Certes l'un est adverbe, l'autre substantif masculin, l'un est soutenu, l'autre familier, mais la diversité, en villégiature tout au moins, est toujours privilégiée !

 

        Avec (sic) et hic sous le bras on peut tout à fait faire léger ou profond - l'audace est de toutes les saisons -. Ainsi, pour ces vacances-ci, voici ce que propose la Lettre mensuelle comme amorce (14 juillet oblige) à la cogitation estivale : le hic avec le (sic) est qu'on ait pu passer à côté sans qu'il y paraisse rien d'absolument étrange ou d'incorrect ! On lit tranquillement, soudain : (sic) ! On sait alors qu'il nous avertit aimablement : « Ainsi dans le texte » laissant entendre qu'il y a dans ce qui précède un « point délicat » voire un « obstacle majeur » - le fameux hic.- qui ouvre sur un abîme de perplexités car l'incongru, l'inexact, l'impropre, étaient jusque là très convenables, adéquats et appropriés !

 

        Question : comment, sans (sic), éviter les hics et, partant être sûr qu'on est bien sur la plage ? En vacances ? Ou que la crise est finie ?

L'œil - en salles obscures

Jaffa, France, Israël, 2008, drame de Keren Yedaya, avec Ronit Elkabetz, Dana Ivgy, Moni Moshonov, Mahmoud Shalaby, Roy Assaf... Pour Ronit Elkabetz, mais aussi tous les cinq autres comédiens ... Le sujet du film est précisément un « hic » - et de taille, jugez plutôt : histoire d'amour entre une jeune fille juive et un jeune homme arabe dans un garage à Jaffa, propriété du père d'elle où le père de lui et lui aussi travaillent - mais on y croit sans passer pour niais, ou pour manichéen ! Et puis l'hébreu est une belle langue à écouter.

Les vacances de Monsieur Hulot (Reprise), France, 1953, comédie de Jacques Tati avec Jacques Tati et de nombreux autres terriblement acteurs... C'est l'époque où la poésie est fille turbulente d'une société encore soigneusement étriquée ! Mais ça fonctionne quand même.

L'oeil de vers

Francesco Petrarca - François Pétrarque (1304 -1374) - Béni soit le jour [Benedetto sia ‘l giorno]

 

Béni soit le jour et le mois et l'année
et la saison, le temps, et l'heure et le moment,
le beau pays, les lieux où je trouvai
ces deux beaux yeux qui furent ma prison

et bénie soit la douceur affligée
que je sentis, pris dans ces liens d'amour,
béni soit l'arc et la flèche acérée
qui à mon cœur fit une plaie d'amour

Que soit bénie cette voix qui s'éraille
à proclamer le beau nom de sa Dame
et les soupirs, le désir et les larmes.

que bénis soient tous les poèmes écrits
qui la célèbrent ; et bénie soit mon âme
qui vers elle s'élance, ignorant ses rivales.

Benedetto sia ‘l giorno, e ‘l mese, e ‘l anno
e la stagione, e ‘l tempo, e l'ora e ‘l punto
e ‘l bel paese, e ‘l loco ov'io fui giunto
da duo begli occhi, che legato m'hanno ;

e benedetto il primo dolce affanno
ch'i' ebbi ad esser con Amor congiunto,
e l'arco, e le saette ond'i' fui punto,
e le piaghe che ‘n fin al cor mi vanno.

Benedetto le voci tante ch'io
chiamando il nome di mia donna ho sparte,
e i sospiri, e le lagrime, e l' desio ;

e benedetto sian tutte le carte
ov'io fama l'acquisto, e l' pensier mio,
che sol di lei, si ch' altra non v'ha parte.


Les réunions cliniques

du RPH

Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.

Chaque mois un membre praticien de l'association présente une difficulté clinique. La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l'association.

Informations :

J.-B. Legouis : 06.11.89.51.81.

Dates des prochaines réunions :

08.09.09 : M.-H. Viel

13.10.09 : M. Salza

Le séminaire du RPH

Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème le désir dans la clinique quotidienne du médecin et du psychanalyste. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21h à 22h 30 au 1, rue Lentonnet - 75009 Paris. Il est ouvert aux  médecins, étudiants, psychanalystes et psychistes qui pourront apporter des difficultés cliniques à discuter pendant le séminaire.

Informations :
F. de Amorim : 01.47.70.56.02

Dates des prochains séminaires :
22 septembre 2009
27 octobre 2009

 Les rendez-vous du RPH

Groupes de lecture des œuvres de Jacques Lacan,
- le troisième vendredi de chaque mois, 1 rue Lentonnet Paris 9e, de 21h à 22h30, animé par Fernando de Amorim ;
- le premier mardi, 33 rue Pigalle Paris 9e, animé par Jean-Baptiste Legouis
Groupes de lecture des œuvres de Sigmund Freud se réunissant mensuellement au siège du RPH - 33, rue Pigalle - 75009 Paris, de 21h à 22h30 :
- le deuxième lundi, animé par Julien Faugeras
- le troisième mardi, animé par Edith de Amorim
- le premier jeudi, animé par Julie Gonzalès

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