La lettre

La lettre a une parution mensuelle. Son objectif est d’informer, communiquer et critiquer l’actualité psychanalytique, médicale ou sociétale. Dans la première partie vous trouverez un petit article de « libre opinion ». Dans la seconde, les nouveautés cinématographiques des salles hors du circuit commercial, les films d’auteurs français et étrangers ; les nouveautés et anciennetés littéraires et enfin, les informations concernant le RPH, ses séminaires (lieu, date, responsable) et l’annonce des colloques.

Edith de Amorim est la responsable de la publication. Pour en être destinataire il vous suffit d'en faire la demande sur NOTRE PAGE CONTACT.


Rédacteur en Chef : Edith de Amorim


23-06-2009
Lettre N° 128

Editorial

 

LES CHAMPS DU CHOIX

 

 

        Le choix, soi-disant, on l'a ou pas ! C'est un départ, c'est donné, posé, d'emblée. C'est la théorie mais ça n'empêche pas l'existence d'une multiplicité de combinaisons déclinant cette contingence.

 

        Les champs du choix s'organisant entre l'avoir ou non, rappellent l'histoire des « poux papas pas papas » et des « poux pas papas papas» (Gaston Lagaffe personnage de bande dessinée d'André Franquin), l'allitération en moins, l'infinité en commun avec son cortège de langues fourchues, de comptes perdus, de mécomptes des pieds rimant nos vies tapies aussi au creux de l'épais buisson ardent d'inavoués, de savamment ignorés !

 

        Penser que l'on puisse s'en tenir à borner le choix en ce qu'on l'aurait ou non est une tentative de remembrement autoritaire - et fatalement grossier - de nos états d'âme visant l'obtention d'une rationalisation et d'une rentabilité de l'exploitation des sols psychiques !  

 

        Bien tôt en âge on se cogne à ce fait, têtu, opiniâtre, qu'avoir le choix n'est pas synonyme d'être pourvu, bien au contraire : faire un choix implique d'en passer avant tout par la perte. Le choix peut ouvrir sur un abyme de perplexités qui amène nombre d'entre les êtres parlants à faire le choix du champ laissé en jachère, en friche, le choix de ne pouvoir l'exercer que de façon subreptice ou bien alors contraint, forcé... Le choix est un concept ouvrant sur une alternative pas toujours riante et de bien complexes flexions !

 

       Le problème vient de ce que choix est entendu sempiternellement comme essentiel et logique à une vie digne de ce non, de ce oui, de ce nom-de-nom... Le choix drapé de pied en cap dans ce trop évident se prend régulièrement les pieds dans le tapis tissé d'ors et de fils blancs ; ce qu'alors nous en voyons de bleues, de vertes et de pas mûres !

 

Le choix est éminent à l'Homme ; il lui est réservé, propre, exclusif. On n'en trouve nulle trace dans le règne animal, qu'il soit sauvage ou domestiqué bien que d'aucuns parmi nous se sentent, par exemple, rassurés à discerner une homosexualité dans le comportement de certains animaux ce qui démontrerait l'état de naturel, et partant d'inévitable, de ce « choix » d'objet sexuel. Les guillemets s'imposent par égard pour ceux qui ne se satisfont pas d'une telle mère Nature, tout au contraire, et qui soutiennent l'idée que l'homosexualité n'est pas un choix et qu'il importe, pour eux, « de ne pas laisser entendre que l'on peut choisir cet état par convenance... » (Le Monde, samedi 30 mai 2009, p. 22 Horizons - Dialogues, « Préjugé gay » Médiatrice Véronique Maurus). Trois fois hélas ou bien grâce à Dieu, du plus commun au plus crucial, le choix, qu'on s'en réclame ou s'en défende, semble nôtre mais pas que !

 

        L'être dès que parlé, sujet de l'intention, du projet, de l'ignorance, du lapsus... campe sur les positions de l'Autre. De ce champ-là il se nourrit de la langue de l'Autre, pour la désapprendre de son mieux au fur de sa marche, à mesure des choix contraints... A la différence de l'animal qui baigne dans sa mare tout de biologique, nous nageons, nous, dans une mer, un océan d'occurrences signifiantes, symboliques, imaginaires aussi que biologiques. Sortir des eaux parentales n'est pas chose aisée, il y faut un temps, celui où le choix peut se tailler aux mesures toujours humaines d'un patron bien moins cruel, féroce, obscène (quand tout va pour le mieux) ; à l'inverse, le choix existe toujours de se tailler vers le plus cruel, féroce, obscène... On ne quitte pas ces eaux en se faisant la malle, ou séditieux, ou quand de l'autre disparaît le corps mais pas l'âme, qui nous hante. Le choix nôtre se revêt au bout du temps singulier, unique, propre à chacun qui parlons. Parfois, il y faut un tailleur à cet habit : le psychanalyste en est un parmi les plus patients qui, de vieilles nippes, de méchants haillons, de répugnantes frusques, confectionne avec nous la vêture d'un choix assumé enfin sans rechigner, sans inonder le ban ni l'arrière ban.

 

        C'est un habit de fête qu'on porte tous les jours sans risquer qu'il s'abîme : on l'appelle alors le désir !

L'œil - en salles obscures

Rien vu qui vaille la joie ni la peine de vous en entretenir ici...

 

L'oreille aux aguets

« I love you » album signé Mathieu Boogaerts qui a ceci de particulier qu'il mêle l'anglais au français de façon très inhabituelle : des textes truffés d'un anglais qui vient sonner, résonner, se marier au français desquels ressort un équilibre singulier et très séduisant entre les deux langues saupoudré d'un je ne sais quoi à la Maurice Chevalier. Ainsi la chanson quatre Jambe qui invite : « Crie, crie, crie que t'es happy... » ou celle appelée All I wanna do. Un choix intéressant d'user des deux langues quand tout indique, concoure à ce que l'une s'impose à l'autre sans autre forme de procès...

 

L'œil - de vers

Jean Tardieu - Chœur d'enfants

Tout ça qui a commencé
il faut bien que ça finisse
     la maison zon sous l'orage
     le bateau dans le naufrage
     le voyageur chez les sauvages.
Ce qui s'est manifesté
il faut que ça disparaisse
     feuilles vertes de l'été
     espoir, jeunesse et beauté
     anciennes vérités.

Moralité
Si vous ne voulez rien finir
évitez de rien commencer.
     Si vous ne voulez pas mourir,
     quelques mois avant de naître
     faites-vous décommander.


Les réunions cliniques

du RPH

Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.

 

Chaque mois un membre praticien de l'association présente une difficulté clinique. La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l'association.

Informations :

J.-B. Legouis : 06.11.89.51.81.

Dates des prochaines réunions :

09.06.09 : S. Buguet

08.09.09 : M.-H. Viel

il faut que ça disparaisse

feuilles vertes de l'été

espoir, jeunesse et beauté

anciennes vérités.

Moralité

Si vous ne voulez rien finir

évitez de rien commencer.

Si vous ne voulez pas mourir,

quelques mois avant de naître

faites-vous décommander.

Le séminaire du RPH

 

Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème le désir dans la clinique quotidienne du médecin et du psychanalyste. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21h à 22h 30 au 1, rue Lentonnet - 75009 Paris. Il est ouvert aux  médecins, étudiants, psychanalystes et psychistes qui pourront apporter des difficultés cliniques à discuter pendant le séminaire.

Informations :

F. de Amorim : 01.47.70.56.02

Dates des prochains séminaires :

 

23 juin 2009

22 septembre 2009

Les rendez-vous du RPH

 

Groupes de lecture des œuvres de Jacques Lacan,
- le troisième vendredi de chaque mois, 1 rue Lentonnet Paris 9e, de 21h à 22h30, animé par Fernando de Amorim ;
- le premier mardi, 33 rue Pigalle Paris 9e, animé par Jean-Baptiste Legouis

Groupes de lecture des œuvres de Sigmund Freud se réunissant mensuellement au siège du RPH - 33, rue Pigalle - 75009 Paris, de 21h à 22h30 :
- le deuxième lundi, animé par Julien Faugeras
- le troisième mardi, animé par Edith de Amorim
- le premier jeudi, animé par Julie Gonzalès


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