La lettre

La lettre a une parution mensuelle. Son objectif est d’informer, communiquer et critiquer l’actualité psychanalytique, médicale ou sociétale. Dans la première partie vous trouverez un petit article de « libre opinion ». Dans la seconde, les nouveautés cinématographiques des salles hors du circuit commercial, les films d’auteurs français et étrangers ; les nouveautés et anciennetés littéraires et enfin, les informations concernant le RPH, ses séminaires (lieu, date, responsable) et l’annonce des colloques.

Edith de Amorim est la responsable de la publication. Pour en être destinataire il vous suffit d'en faire la demande sur NOTRE PAGE CONTACT.


Rédacteur en Chef : Edith de Amorim


11-05-2009
Lettre N° 127

Editorial

 

INCONCILIABILITE

ET GRIMES

 

 

        Ce samedi 16 mai tout proche, le RPH vous donne rendez-vous au musée des moulages de l'hôpital Saint-Louis pour écouter des témoignages d'expériences d'avec ce qui ne peut se dire autrement que voilé, couvert, recouvert de ce qui fait mal d'être au monde, ce monde séparé des dieux, de Dieu : L'hystérie, d'hier à aujourd'hui. Réflexions à partir de cas clinique.

 

        Dans un très passionnant article de Jacques Sédat (Il n'y a plus ni hommes ni femmes, Topique n° 105, fin 2008), nous pouvons notamment lire ceci : « Dans l'univers grec, l'individu appartient au cosmos, il n'en est pas séparé, il n'est qu'un fragment de l'univers, et son âme intellectuelle, le noos (ou nous), n'est qu'un fragment de l'intelligence divine. Le microcosme Homme est donc un fragment du macrocosme Cosmos-Monde, à travers le noos, son âme intellectuelle. Il n'y a donc pas en Grèce de processus de connaissance, mais un simple processus de re-connaissance, par le biais de la réminiscence  qui  ouvre  l'accès à l'intelligence divine. ».

 

        Cette réminiscence, bien sûr, met à l'oreille la puce toujours mordante et coriace et gênante aussi bien : l'hystérique souffre, n'est-ce pas, de réminiscences qui viennent faire symptômes signant-là l'impossible connaissance d'y être pour quelque chose dans ce désir sien...

 

        L'inconciliable unité, l'inatteignable cohérence, l'insupportable unicité, ou singularité, jette l'hystérique sur le devant d'une scène aux souffleurs cois ! Et pour cause : le texte, qu'ils connaissent pour l'avoir appris par cœur, dont ils se tiennent farouchement à la lettre, n'est pas le bon : c'est un autre alphabet ; ce qui s'y récite, sur cette scène, est d'un autre temps, un temps d'antan et de théorie de complétude.

Sans filet, l'hystérique interpole refusant qu'il y paraisse, extrapole sans cesse et le grimage est là qui vient mailler le discours et palier aux silences éberlués des souffleurs. Le grime, en son sens premier de « vieillir », est le recours indéfectible de l'hystérique. Ses symptômes annihilent sa motilité, gomment ses desseins, édulcorent ses intentions, apaisent sa culpabilité.

 

        Ainsi grimé sous un tel atour d'impuissance, l'hystérique va son chemin jalonné d'immarcescibles conflits décelables aux stigmates merveilleusement saints dont se tisse sa plainte.

 

        Cependant, ne nous y trompons pas car alors, en notre siècle, ce serait impardonnable : bien que le vocabulaire emprunté au théâtre ne soit pas fortuit pour parler de l'hystérie, nous ne pouvons en déduire, comme tant d'innombrables avant Freud l'ont fait, qu'il ne s'agisse-là que d'un jeu ! Que nenni ! Ce sont souffrances réelles ; que la Médecine ne puisse rien - ou peu - y faire pour les réduire, les guérir, les soulager ne les empêchent en rien d'exister.

 

        Si l'on peut parler d'art dans l'hystérie c'est, hélas, celui de perdre tout crédit plutôt que l'Idéal !

 

        L'hystérie brouillonne la copie proprette de nos savoirs par peur ; elle brouille la piste de l'éclaireur zélé qu'une armée en ordre de bataille dépêche au devant du rebelle. Aux allées ombragées, en graviers et entretenues, elle préfère les broussailles, les orties et les ronces comme pour mieux faire accroire qu'elle renonce aux joies de l'ici-bas ; les savoirs qui s'engagent à sa suite pensant lui faire valoir l'agrément des jardins, se retrouvent en lambeaux mal équipés qu'ils sont face à cette Carabosse ! Il faut pour la suivre un tout autre équipage que le RPH, samedi 16, passera en revue !

L'œil - en salles obscures

 

L'idiot, France, 2009, comédie dramatique de Pierre Léon, avec Pierre Léon, Jeanne Balibar, Sylvie Testud, Laurent Lacotte, Bernard Eisenschitz, Jean Denizot, Serge Bozon. Un film qui vous jette dans les bras de Fédor Dostoïevski ; une scène, un condensé, une des essences du livre, magnifiquement joué, sans qu'il soit possible d'y trouver le moindre espace pour l'ennui. La durée du film est en elle-même une divine surprise : le temps qu'il faut !

 

Jean-Antoine de Baif (1532-1589)

Psaume CXXI

 

 

Sur le haut des monts, çà et là regardant,
J'ai levé mes yeux, si secours me viendrait.
Mon secours me vient du Seigneur, qui fit les
Terres et les cieux.
Il ne souffrira le Seigneur, que ton pied
Bronche faux marchant. Il ne dormira pas
Lui qui est ton garde : il ne dormira pas
Non, ni le prendra
Nul sommeil, lui, lui vigilant qui vient seul
Israël garder. Le Seigneur te gardera :
Voire il t'ombrera le Seigneur : à sa droite
Il se tiendra.
Les rayons ardents du soleil de plein jour,
Ni de nuit la lune, n'iront t'offenser ;
Ainsi de tout danger le Seigneur te garera :
L'âme il te gardera.
Quand dehors sortir du dedans tu voudras :
Quand dedans rentrer du dehors tu viendras :
Il te gardera le Seigneur désormais
Partout et toujours

 


Les réunions cliniques

du RPH

Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.

 

Chaque mois un membre praticien de l'association présente une difficulté clinique. La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l'association.

Informations :

J.-B. Legouis : 06.11.89.51.81.

Dates des prochaines réunions :

12.05.09 : L. Baudiment

09.06.09 : J. Faugeras

Le séminaire du RPH

 

Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème le désir dans la clinique quotidienne du médecin et du psychanalyste. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21h à 22h 30 au 1, rue Lentonnet - 75009 Paris. Il est ouvert aux  médecins, étudiants, psychanalystes et psychistes qui pourront apporter des difficultés cliniques à discuter pendant le séminaire.

Informations :

F. de Amorim : 01.47.70.56.02

Dates des prochains séminaires :

 

26 mai 2009  

23 juin 2009

Les rendez-vous du RPH

 

XVIe colloque du RPH

L'hystérie, d'hier à aujourd'hui

Réflexions à partir de cas cliniques

Samedi 16 mai 2009

Musée des Moulages

Hôpital Saint-Louis - Paris 10e

[...] Mais quelles sont les figures de l'hystérie aujourd'hui?

Qu'en est-il de l'hystérie masculine? Quelle est la différence entre les symptômes hystériques et la structure psychique appelée hystérie ? Comment mettre en place un dispositif afin de prendre en charge les patients pour qu'ils puissent vivre mieux ? Voilà un certain nombre de questions auxquelles nous tenterons de répondre, lors de ce colloque, en nous appuyant sur des cas clinique, d'hier à aujourd'hui.

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