La lettre

La lettre a une parution mensuelle. Son objectif est d’informer, communiquer et critiquer l’actualité psychanalytique, médicale ou sociétale. Dans la première partie vous trouverez un petit article de « libre opinion ». Dans la seconde, les nouveautés cinématographiques des salles hors du circuit commercial, les films d’auteurs français et étrangers ; les nouveautés et anciennetés littéraires et enfin, les informations concernant le RPH, ses séminaires (lieu, date, responsable) et l’annonce des colloques.

Edith de Amorim est la responsable de la publication. Pour en être destinataire il vous suffit d'en faire la demande sur NOTRE PAGE CONTACT.


Rédacteur en Chef : Edith de Amorim


07-04-2009
Lettre N° 126

Editorial

 

PAS QUE ... POUR RIRE

 

 

        Avril, mois curieux, placé cette année sous ces auspices de fin et de début. Mort pour de faux, ressuscité sous peu ! Après le long enfouissement, la renaissance. Dans l'intervalle à ciel ouvert qu'ouvre Avril, dansons !

 

        Avril, mois du recommencement, c'est reparti pour un joli tour : on sourit aux bourgeons, aux fleurs miraculeuses des arbres aux rues étroites, à la brise ; on ne mégote pas à la dépense de quelques pas simplement utiles à nous placer sous le soleil de l'autre côté de la rue, on freine l'allure, on relâche l'étreinte sur le manteau dont, déjà, on songe à se défaire ; on se soulage de tous les fils d'araignée tendus pour retenir un peu de chaleur dans nos veines ; on n'a plus besoin de pousser les portes de troquets ; encore peu habitué aux effets de l'heure d'été, on s'émerveille qu'il soit si tard quand il fait si jour encore ; Avril, gigantesque minoterie, nous roule dans sa farine fine, fluide, odorante, de celle dont on fait nos pains bien dorés des grandes vacances soudain si proches !

 

        Avril, mois du recommencement et pour fêter l'évènement, il démarre tout en force et en farces d'un goût bien souvent plus que douteux : morbide ! Les poissons d'avril - à l'instar de ceux dans l'eau - fond des tours, des retours, s'ébattent dans la bouillasse crasse du pire, du gore, du trash : « Il est mort ! », « Il n'y a plus d'argent ! », « J'suis enceinte »... ; cette mélasse tenace de haine recuite, résidu de la cristallisation et du raffinage  de l'amour-toujours et qui adhère à l'esprit familier et inquiétant de l'être, trouve en ce jour béni dit du poisson à sortir du cadre hypocrite et chagrin des bons vœux de janvier, enfin !

 

        Enfin, pouvoir faire un pied de nez à cette bienveillance lapidaire ; ces dires « pour rire », nimbés de l'éclat vitreux du poisson pas frais, soulagent les cœurs écrabouillés sous un monceau de haine ! 

.../...







Ah ! Laisser paraître, pour un instant, un moment, une heure, le jour entier, ce que l'on prend pour du vrai à force d'être caché et maquillé ; laisser la bride sur le cou à la bête toujours retenue, contenue, tenue, muselée : quel soulagement ! Dévaler à bride abattue la voie forcément rapide du cul-par-dessus-tête : quelle ivresse !

 

        Dans ce bocal du poisson d'avril tournent en rond parmi les plus cruels - et les plus crus - de nos tourments : qui ne se souvient du plaisir immense, profond, délicieux jusqu'au troublant, à la vue du méchant poisson de papier collé entre les omoplates de l'enseignant déambulant entre les rangs, égrenant les phrases d'une dictée, ou les données d'un problème qui sombrent sous le coup de l'offense entraînant avec eux le maître si puissant, hier et demain !

 

        Cette entame faite à l'autorité ouvre pour longtemps le goût énervant du fruit défendu de la persuasion du mal !

 

        Ce fruit jamais on ne le cueille, le recueille, le récole, ni ne le ramasse, comme si à peine né il était déjà blet, déjà pourri, déjà tombé, abîmé au pied de l'arbre de la connaissance du bien ; ce fruit-là pourrit, macère et libère des essences agaçantes, entêtantes, irritantes qui font tituber, trébucher, aller de guingois !

 

        Ces fruits défendus, blessant tous les sens, offensant jusqu'à l'intelligence, n'ont cependant nul besoin d'un défenseur mais d'un jardinier qui veuille ratisser, se courber, mettre les mains dans la purée poisseuse et faire le tri entre ce qui peut encore servir à quelque chose.

 

        Ce jardinier c'est le psychanalyste dont ceux, rebutés par sa tâche, disent qu'il ne sert plus de rien : poisson d'avril !

L'œil - en salles obscures

 

24 City (Er shi si cheng ji), Chine, 2007, comédie dramatique de Zhang Ke Jia , avec Joan Chen, Zao Tao... A l'occasion d'un déménagement d'une gigantesque usine, des hommes, des femmes, des jeunes parlent ... Oui, ce pourrait être seulement un portrait de la Chine mais dire cela serait éminemment incomplet : ce n'est pas seulement de Chine, de communisme, d'exploitation dont parle ce film, il parle de l'être humain face à ces certitudes tout à coup poussées du pied par un réel impossible à méconnaître. Des photos, des couleurs, des récits beaux et émouvants et drôles.

 

Nulle part terre promise (Nowhere, promised land), France, 2008, drame d'Emmanuel Finkiel avec Elsa Amiel, Nicolas Wanczycki... et d'autres dont - de mémoire - Monsieur Aslan et son fils dont les noms apparaissent tout de même au générique du film ... Un film sur des êtres sillonnant pour de multiples - mauvaises - raisons l'Europe... Qu'ils soient mus par le réel ou l'imaginaire, l'imaginaire et le réel s'en mêlent toujours à la fin !

 

Je ne savais pas que pour vivre,
il fallait un frigidaire
une machine à laver
et même un appartement.

J'ignorais que la poésie
se vendait aux enchères
après mise à prix d'un style
d'un idéal ou d'un scandale

On m'avait dit que les images
pouvaient être surréelles
ou réelles mais toujours
avec nos sentiments les meilleurs.

Je n'ai pas de sentiments meilleurs
rien que l'odeur du pré sauvage
sous le ciel sans étoiles
où j'ai vu l'ange de l'orage
et deux ou trois éclairs d'amour.


Les réunions cliniques

du RPH

Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.

 

Chaque mois un membre praticien de l'association présente une difficulté clinique. La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l'association.

Informations :

J.-B. Legouis : 06.11.89.51.81.

Dates des prochaines réunions :

14.04.09 : L. Baudiment

12.05.09 : J. Gonzalès

Le séminaire du RPH

 

Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème le désir dans la clinique quotidienne du médecin et du psychanalyste. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21h à 22h 30 au 1, rue Lentonnet - 75009 Paris. Il est ouvert aux  médecins, étudiants, psychanalystes et psychistes qui pourront apporter des difficultés cliniques à discuter pendant le séminaire.

Informations :

F. de Amorim : 01.47.70.56.02

Dates des prochains séminaires :

 

28 avril 2009  

26 mai 2009

Les rendez-vous du RPH

 

XVIe colloque du RPH

L'hystérie, d'hier à aujourd'hui

Réflexions à partir de cas cliniques

 

Samedi 16 mai 2009

Musée des Moulages

Hôpital Saint-Louis - Paris 10e

 

[...] Mais quelles sont les figures de l'hystérie aujourd'hui?

Qu'en est-il de l'hystérie masculine? Quelle est la différence entre les symptômes hystériques et la structure psychique appelée hystérie ? Comment mettre en place un dispositif afin de prendre en charge les patients pour qu'ils puissent vivre mieux ? Voilà un certain nombre de questions auxquelles nous tenterons de répondre, lors de ce colloque, en nous appuyant sur des cas clinique, d'hier à aujourd'hui.

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