La lettre

La lettre a une parution mensuelle. Son objectif est d’informer, communiquer et critiquer l’actualité psychanalytique, médicale ou sociétale. Dans la première partie vous trouverez un petit article de « libre opinion ». Dans la seconde, les nouveautés cinématographiques des salles hors du circuit commercial, les films d’auteurs français et étrangers ; les nouveautés et anciennetés littéraires et enfin, les informations concernant le RPH, ses séminaires (lieu, date, responsable) et l’annonce des colloques.

Edith de Amorim est la responsable de la publication. Pour en être destinataire il vous suffit d'en faire la demande sur NOTRE PAGE CONTACT.


Rédacteur en Chef : Edith de Amorim


08-01-2009
Lettre N° 123

Editorial

 

UN VŒU, UN SEUL : L’ELEGANCE

 

 

        Oui, l’élégance ! C’est large, immense ; ça touche à tout ce qui concerne l’expression, à tout ce qui se produit, se montre, se trahit, transpire, transparaît…

 

        A la différence de la valeur, l’élégance a besoin d’un peu de patine : la jeunesse étant très occasionnellement élégante et souvent à contrecœur, parfois par hasard, rarement en pleine et entière conscience, quand bien même l’élégance ne saurait se départir d’un nuage, un soupçon, d’ignorance.

 

        L’élégance exige de la bouteille ; dit un peu plus élégamment, elle a soif d’expérience et d’un vouloir y être pour quelque chose de ce qu’on laisse de nous passer ainsi dans nos mots, nos allures, nos coiffures, nos vêtures, nos parures... Conséquemment, le fardeau de bévues, outrances, trébuchements et autres franchissements laborieux de maintes ornières est le prélude obligé à toute prise d’élégance au fil des ans, des instants… Autrement, comment être léger si l’on n’a pas à se défaire de sa lourdeur ? Si l’on ne veut rien savoir de sa balourdise ?

 

        Que peut-être une harmonie de formes, de lignes qui ne serait qu’innée ? Posée-là, comme par magie d’une naissance et n’aurait à rendre compte qu’à l’air d’un temps piétinant, croupissant, végétant, pataugeant… L’ère du temps préhistorique, où le petit moi se pâmait, se repaissait des mille admirables flammes sautillant dans l’idolâtre regard de l’Autre, temps suspendu en plein vol !

 

        Comment croire que l’aisance puisse être naturelle quand on a à se mouvoir en un corps et un monde extérieur toujours évanescents? Trêve de plaisanterie : ce ne sont pas même des chemins qui nous mènent à l’élégance, à peine des sentiers, des passages !

Certes, le beau et ses paradigmes appartiennent à la parentèle de l’élégance… mais la hideur elle aussi ! Et l’élégance ne se revêt que lorsqu’on se relève d’avoir pu, dû, su, supporter de voir le si laid envers dont est faite la civilisation, notre « humanerie » (emprunté à Claude Nougaro dans sa chanson poème : « Assez » ; qu’il en soit encore et toujours ici et maintenant remercié).

 

        Ainsi, on peut penser que c’est bien l’élégance qui fait le plus défaut à ceux incapables de faire leur ne serait-ce qu’une once de la charge de responsabilité de la saloperie, de la vilénie, de la lâcheté et autres préciosités qui font nos humaines caractéristiques. Ceux-là ne veulent rien avoir à faire avec le partage d’un mea culpa le plus minime soit-il avec les autres : ils n’ont d’yeux que pour la victime ou l’innocent qu’ils sont certains d’incarner à eux seuls ! Un manque d’élégance qui, hélas, n’augure rien de bon pour la reconversion du bouc émissaire !

 

        L’élégance est complexité ! Savant dosage, élaboration minutieuse, lent apprentissage et échaudage tentent d’atténuer les effets du frottement d’avec le réel, tentent… d’y mettre un peu d’ordre : songez un peu que deux mille neuf s’est faite attendre une seconde de plus que son aînée, 2008 ! Cette précieuse seconde, grosse de calculs incalculables pour sauver un lointain futur, sûr cependant, de la perte de repères calendaires !

 

        Aux débuts, c'est-à-dire quatorze milliards d’années (à la louche) était la matière : très simple et très désordonnée. Puis, elle se complexifia et partant s’organisa. Elle se complexifie encore et s’organise encore ; et de fil en aiguille, du liquide à l’air libre, de Néandertal à Cro-Magnon, l’élégance pointe ou sombre : on la prend ou on la laisse. Ne laissez pas passer l’élégance sans oser esquisser le moindre geste pour vous en parer ! Elégante année deux mille neuf !

 

L’œil - en salles obscures – et combien d’accessibles aux handicapés ?

 

Burn after reading, Etats-Unis, 2008, « comédie » de Ethan Coën et Joel Coën avec George Clooney, Brad Pitt, John Malkovich, Tilda Swinton, Frances Mcdormand, Richard Jenkins… Le classement de ce film dans le genre de la comédie ne semble pas très approprié même si on rit largement… mais sous ses airs fanfarons, l’issue est très fatale ! Et les comédiens sont magnifiques.

 

 

Il divo, Italie, 2007, Biographie, Drame, de Paolo Sorrentino, avec Toni Servillo (dans le rôle d’Andreotti), Anna Bonaiuto, Piera degli Espositi, Paolo Graziosi, Giulio Bosetti… Une histoire politique de Giulio Andreotti : un démocrate chrétien politicien aux mains sales … qui rend grâce au Seigneur de nous enseigner à tendre l’autre joue et de ne nous en avoir affublés que de deux ! Des acteurs, des décors, des arcanes impressionnants !

 

L’œil – en l’orpiment de la poésie 

 

Arthur Rimbaud, Œuvres complètes, La Pléiade, Gallimard, Paris 1963, p. 80

 

XXXIII – Le cœur du pitre

 

Mon triste cœur bave à la poupe,
Mon cœur est plein de caporal : 
Ils y lancent des jets de soupe, 
Mon triste cœur bave à la poupe :
Sous les quolibets de la troupes
Qui pousse un rire général,
Mon triste cœur bave à la poupe, 
Mon cœur est plein de caporal !

Ithyphalliques et pioupesques
Leurs insultes l’ont dépravé 
A la vesprée ils font des fresques
Ithyphalliques et pioupiesques
O flots abracadabrantesques,
Prenez mon cœur, qu’il soit sauvé 
Ithyphalliques et pioupiesques
Leurs insultes l’ont dépravé !

Quand ils auront tari leurs chiques,
Comment agir, ô cœur volé ?
Ce seront des refrains bachiques
Quand ils auront tari leurs chiques :
J’aurai des sursauts stomachiques
Si mon cœur triste est ravalé :
Quand ils auront tari leurs chiques,
Comment agir, ô cœur volé ?


Les réunions cliniques

du RPH

Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.

 

Chaque mois un membre praticien de l’association présente une difficulté clinique. La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l’association.

Informations :

J.-B. Legouis : 06.11.89.51.81.

Dates des prochaines réunions :

13.01.09 : E. de Amorim
10.02.09 : J. Faugeras

 

Le séminaire du RPH

 

Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème le désir dans la clinique quotidienne du médecin et du psychanalyste. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21h à 22h 30 au 1, rue Lentonnet – 75009 Paris. Il est ouvert aux  médecins, étudiants, psychanalystes et psychistes qui pourront apporter des difficultés cliniques à discuter pendant le séminaire.

Informations :

F. de Amorim : 01.47.70.56.02

Dates des prochains séminaires :

27 janvier 2009
24 février 2009 

Les rendez-vous du RPH

 

Groupe de lecture des œuvres de Jacques Lacan, le troisième vendredi de chaque mois au 1 rue Lentonnet – 75009 Paris, de 21h à 22h30, animé par Fernando de Amorim

Groupes de lecture des œuvres de Sigmund Freud se réunissant mensuellement au siège du RPH – 33, rue Pigalle – 75009 Paris, de 21h à 22h30 :

-         le premier mardi, animé par Jean-Baptiste Legouis
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le deuxième lundi, animé par Julien Faugeras
-        
le troisième mardi, animé par Edith de Amorim

Un groupe de lecture « psychanalyse d’enfants » se met en place, animé par Laure Baudiment ; premier auteur étudié : Mélanie Klein.

 

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