La lettre a une parution mensuelle. Son objectif est d’informer, communiquer et critiquer l’actualité psychanalytique, médicale ou sociétale. Dans la première partie vous trouverez un petit article de « libre opinion ». Dans la seconde, les nouveautés cinématographiques des salles hors du circuit commercial, les films d’auteurs français et étrangers ; les nouveautés et anciennetés littéraires et enfin, les informations concernant le RPH, ses séminaires (lieu, date, responsable) et l’annonce des colloques.
Edith de Amorim est la responsable de la publication. Pour en être destinataire il vous suffit d'en faire la demande sur NOTRE PAGE CONTACT.
Rédacteur en Chef : Edith de Amorim
Editorial
LES ECRITURES, SELON MAGRIS
INSPIRE PAR SABATO
Pendant la crise, l’activité intellectuelle, elle, continue, se poursuit de plus belle, du moins si l’on veut bien d’elle !
Ainsi, un samedi soir de décembre, mouillé et froid, Claudio Magris, écrivain triestin, germaniste aussi, est venu s’asseoir sur un tabouret dans le sous-sol d’une librairie (www.lalibreria.fr) transformée pour l’occasion en salon littéraire pour une assistance attentive et toute acquise… Il est venu s’asseoir au prétexte de son dernier livre traduit en français par Jean et Marie-Noëlle Pastureau, Vous comprendrez donc, (L’Arpenteur, Gallimard) ; Claudio Magris veille à la traduction de ses romans, non pas jalousement, mais attentivement, prêtant, donnant même, son oreille au rythme de la phrase que lui renvoient ses traducteurs en langues jamais totalement étrangères …
Parlant de son goût pour l’écrivain argentin, physicien à ses débuts, Ernesto Sabato, Claudio Magris rappela ce qu’il disait à propos de la parole diurne et de la parole nocturne : la première étant à l’essai socio-politico-économico-philosophico… & Co., la seconde à la vie qui se terre au fond, sous ou dessous mais dans tous les cas dedans tout un chacun, écrivain ou non.
De cette écriture nocturne, Magris en fait surgir la tête de méduse qui sidère, blesse, et qu’on ne peut de toute évidence expédier sine die chez le coiffeur pour tenter de faire rectifier ces hideux serpents grouillants… Une écriture nocturne qu’il convient d’accueillir malgré tout pour tenter de s’en dépêtrer, s’en délivrer, s’en dépatouiller pour, a minima, se défaire, des aspérités les plus saillantes de la vie d’âme, dixit – de mémoire – Claudio Magris.
Cette nuiteuse écriture aurait son genre préféré, son âtre, son fief en la chose appelée « journal intime » … Voire ! Tant il paraît manquer à cette écriture intime un lecteur in fabula qui accepte d’entrer dans ce monde possible et partant, projette, parie, prospecte… Très généralement, le lecteur de cette écriture n’est qu’ex fabula, en ce qu’il n’a pas à entrer dans ce monde qu’il écrit puisqu’il y est déjà et totalement, complètement, investi ; le journal intime imprime, c’est-à-dire fixe, plus qu’il n’exprime… La parole ici est prise dans un clair-obscur, un faux jour qui tend à faire croire que la tête de méduse n’existerait pas… en vrai pour l’Autre !
La parole nocturne n’a donc que peu à voir avec celle, plutôt noctambule, du journal intime ; la parole n’apparaît comme véritablement nocturne, c'est-à-dire pleine des fantasmes et des représentations les plus bouleversantes qu’à la lumière du jour de la lecture d’un Autre : un lecteur. Elle vaut donc pour l’écrivain qui prend ce risque d’être lu et mal compris, incompris, mésusé, catalogué, stigmatisé… L’intérêt alors d’écrire vient nicher dans la recherche d’une écriture ouverte qui ne soit pas béance, brèche, abîme où trouveraient à s’engouffrer tous les vents prisonniers de l’antre d’Eole !
La parole nocturne à être écrite, peut, aussi, être dite ! Dite à un autre ; n’importe lequel pourvu qu’il ne soit pas pris dans les rets de la fabula, cette isotopie énonciative qui tend à faire accroire à la Fable, la Légende, au folklore familial, ce fatras, qui ceint, isole, dépeint, dénonce et … fige. Dire un peu de cette tête de méduse, qui tantôt dodeline, tantôt hoche et branle surtout, à cet autre-là payé pour ne jamais se le tenir pour dit, relève de la gageure précisément pour ce qu’elle ne se dit pas comme elle s’écrit !
L’œil - en salles obscures – et combien d’accessibles aux handicapés ?
Serbis, Philippines 2007, comédie dramatique de Brillante Mendoza, avec Dan Alvaro, Mercedes Cabral, Julio Diaz, Jaclyn Jose, Kristofer King, Coco Martin, Gina Pareño, Roxanne Jordan… On dit que ça parle de prostitution masculine… Voilà pour la parole d’un jour blafard… Ca dit beaucoup de l’absence du Père, énormément de la forclusion du signifiant du nom-du-père dans tous ses effroyables effets… Et comment ça ne peut qu’échapper, déborder, suinter, échouer… L’action se déroule – comme on dit - dans un dédale de couloirs, de pièces et d’escaliers, dans le bruit permanent des rues d’Angeles, dans les odeurs de fritures, d’urine, de foutre et de moiteur, d’un antique cinéma exploité par une famille Pineda qui projette de vieux films érotiques et vend à boire et à manger …
La vie moderne, France 2007, documentaire de Raymond Depardon (3e chapitre) ; les paysans, très vieux, très secs, moins vieux, moins secs, taiseux, travailleurs, éleveurs, agriculteurs, solitaires et jaloux, mariés et fiers, leurs terres, leurs vaches dont une se meurt, leurs moutons, et leurs chiens dont un qui ne se laisse pas faire, les questions de Depardon et les silences…
L’œil – en l’orpiment de la poésie
Paul Valéry (poète français, Sète 30 octobre 1871, Paris 20 juillet 1945)
La ceinture, Charmes, commentés par Alain, Gallimard 1952
[à lire de bas en haut et de gauche à droite….]
Quand le ciel couleur d’une joue / Laisse enfin les yeux le chérir / Et qu’au point doré de périr / Dans les roses le temps se joue, |
Cette ceinture vagabonde Fait dans le souffle aérien Frémir le suprême lien De mon silence avec ce monde… |
Quand le ciel couleur d’une joue / Devant le muet de plaisir / Qu’enchaîne une telle peinture, / Danse une Ombre à libre ceinture / |
Cette ceinture vagabonde Absent, présent… Je suis bien seul, Et sombre, ô suave linceul. Que le soir est près de saisir, |
Les réunions cliniques
du RPH
Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.
Chaque mois un membre praticien de l’association présente une difficulté clinique. La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l’association.
Informations :
J.-B. Legouis : 06.11.89.51.81.
Dates des prochaines réunions :
13.01.09 : E. de Amorim
10.02.09 : J. Faugeras
Le séminaire du RPH
Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème le désir dans la clinique quotidienne du médecin et du psychanalyste. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21h à 22h 30 au 1, rue Lentonnet – 75009 Paris. Il est ouvert aux médecins, étudiants, psychanalystes et psychistes qui pourront apporter des difficultés cliniques à discuter pendant le séminaire.
Informations :
F. de Amorim : 01.47.70.56.02
Dates des prochains séminaires :
27 janvier 2009
24 février 2009
Les rendez-vous du RPH
Groupe de lecture des œuvres de Jacques Lacan, le troisième vendredi de chaque mois au 1 rue Lentonnet – 75009 Paris, de 21h à 22h30, animé par Fernando de Amorim
Groupes de lecture des œuvres de Sigmund Freud se réunissant mensuellement au siège du RPH – 33, rue Pigalle – 75009 Paris, de 21h à 22h30 :
- le premier mardi, animé par Jean-Baptiste Legouis
- le deuxième lundi, animé par Julien Faugeras
- le troisième mardi, animé par Edith de Amorim
Un groupe de lecture « psychanalyse d’enfants » se met en place, animé par Laure Baudiment ; premier auteur étudié : Mélanie Klein.
Archives
Lettre N°134
Lettre N°133
Lettre N°132
Lettre N°131
Lettre N°130
Lettre N°129
Lettre N°128
Lettre N°127
Lettre N°126
Lettre N°125
Lettre N°124
Lettre N°123
Lettre N°122
Lettre N°121
Lettre N°120
Lettre N°119
Lettre N°118
Lettre N°117
Lettre N°116
Lettre N°115
Lettre N°114
Lettre N°113
Lettre N°112
Lettre N°111
Lettre N°110
Lettre N°109
Lettre N°108
Lettre N°107
Lettre N°106
Lettre N°105
Lettre N°104
Lettre N°103



