La lettre

La lettre a une parution mensuelle. Son objectif est d’informer, communiquer et critiquer l’actualité psychanalytique, médicale ou sociétale. Dans la première partie vous trouverez un petit article de « libre opinion ». Dans la seconde, les nouveautés cinématographiques des salles hors du circuit commercial, les films d’auteurs français et étrangers ; les nouveautés et anciennetés littéraires et enfin, les informations concernant le RPH, ses séminaires (lieu, date, responsable) et l’annonce des colloques.

Edith de Amorim est la responsable de la publication. Pour en être destinataire il vous suffit d'en faire la demande sur NOTRE PAGE CONTACT.


Rédacteur en Chef : Edith de Amorim


01-10-2008
Lettre N° 120

Editorial

LA BRUTTA FIGURA
HISTOIRE DE SOLEILS WATERLOOTOIS

Bien souvent, ce qui nous éclaire, force est de le reconnaître, c’est la brutta figura ; ce qu’on hisse en ahanant tout en haut du mât, cette victoire qu’on croit éclatante et s’avère être une indéniable défaite : brutta figura ! Comme un soleil d’Austerlitz resplendissant sur la plaine waterlootoise !

Or, si personne n’ignore rien des désordres – au rang desquels figure en bonne place ce que les hommes appellent amour (Joaquim-Maria Machado De Assis, A.m. Metailie éditeur) – que sème sur son passage une armée en déroute, rares sont ceux qui reconnaissent les troubles qui président aux défaites du particulier…

Il n’est qu’à voir cette armée de financiers défaits qui, tout à l’heure encore, surfait sur l’opulente vague de leur certitude entraînant à leur suite l’arrière-garde moutonnière s’ébaubissant de la consistante mousse du persistant mirage du paradis retrouvé !

Rappelons-nous des arguments massue des golden boys alors plein d’amour, d’altruisme envers leurs prochains désargentés les conviant à venir scier la branche sur laquelle ils étaient soi-disant tous assis, leur promettant la sciure, toute la sciure ! Nul besoin de parachute, pour quelle chute ? Le vacarme de la branche précipitée dans le vide par ces appétits dérogeants dit amplement la vacuité des discours ad usum imbecilli de l’arrogante finance !

Ailleurs, où cependant se retrouvent ces impérieux appétits, on nous prône l’amour… Hum ! On vante une histoire entre femmes… Euh ! On loue la solidarité féminine… Heee ! On prône l’Extraordinaire et le Don… Argh !

Ainsi parée de toutes ces vertueuses vertus, la gestation pour autrui ne souffrirait pas qu’on revienne sur ce monde possible et merveilleux qu’elle ouvre pour le plus grand bonheur de toutes et de tous…!

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Revenons, avec l’aide d’Umberto Eco (Umberto Eco, Dire quasi la stessa cosa Esperienze di traduzione, Bompiani, aprile 2003), à la phrase, nominale, la gestation pour autrui et considérons-la comme un texte qui nous amène à faire l’hypothèse du Monde Possible dont elle est grosse !

Pourquoi ce mot de gestation qui renvoie à l’état fonctionnel d’une femelle vivipare (atilf), d’une femelle de mammifère (wikipédia), à l’animal vivipare (encyclopédie Universalis) quand, à l’égard de la Femme, on emploie grossesse ? Faut-il entendre que le Monde Possible présupposé ici soit celui de la femelle ?... Cependant, rien n’interdit de penser gestation comme « travail d’élaboration précédant l’apparition (d’une œuvre, d’une idée, d’une chose nouvelle… etc.) (http://atilf.atilf.fr) ; foin de l’animalité, mais alors un Monde Possible débouchant sur une réification ! Soit un Monde Possible de femelles pleines d’un objet d’amour pour des femmes ; soit un Monde Possible de femmes œuvrant entre elles à l’apparition d’une … chose : l’enfant.

Et que penser de ce que ce pour autrui laisse entendre de son envers : la grossesse pour soi ? Un inverse donc de l’amour, du don, de la générosité et de la solidarité, mobilier du Monde Possible de la gestation pour autrui, n’offrant, cet envers, qu’un égoïste amour ! Un Monde Possible qui s’appuie sur le ravissement du sens de pour autrui qui ne désigne plus l’autre, un ou une, mais bien la mère elle-même ! Pour autrui recèle un pour soi qui dans ce Possible Monde n’est autre que la future mère !

Ce roman d’amour qu’on nous donne à lire, à l’instar de tous les romans, pose le pacte tacite et millénaire à charge des lecteurs, celui d’ajourner leur incrédulité ! Le RPH, lui, vous invite à renouer avec celle-ci !

L’œil - en salles obscures – et combien d’accessibles aux handicapés ?

Le silence de Lorna, Belgique, 2007, drame, de Jean-Pierre Dardenne et Luc Dardenne avec Arta Dobroshi, Jérémie Rénier, Fabrizio Rongione, Olivier Gourmet… Du malheur, du suspens, du malheur et ça reste prenant ; la fin ne justifie pas n’importe quel moyen et la culpabilité gagne souvent à la fin !

Afterschool-reprise, Etats-Unis, 2007, drame d’Antonio Campos, avec Emory Cohen, Rosemarie Dewitt, Esra Miller, Michael Stuhlbarg … Un collège prestigieux, des adolescents, de la pornographie, de la violence, de la drogue, des adultes qui payent, d’autres qui encaissent, un autre qui dénonce… et pas de coup de pied dans la fourmilière, s’il vous plaît jeune homme, vous n’avez qu’à délirer dans votre coin.

 

L’œil – en noir et blanc

Umberto Eco - Dire quasi la stessa cosa – Esperienze di traduzione, Bompiani, Milano 2003

 

L’œil – en l’orpiment de la poésie

Alberto Cairo, Le Gardeur de troupeaux (Pessoa, La Pléiade)
XXXI (p. 30, La Pléiade)
S’il m’arrive de dire que les fleurs sourient
Et si je dis un beau jour que les fleuves chantent,
Ce n’est pas que je croie qu’il y a des sourires dans les fleurs
Et des chansons dans le courant des fleuves…
C’est que de la sorte je vais mieux sentir aux hommes faux
L’existence véritablement véritable des fleurs et des fleuves
Parce que j’écris pour qu’ils me lisent je me sacrifie quelquefois
A la stupidité de leur sens…
Je suis en désaccord avec mois mais je m’absous,
Parce que je ne m’accepte pas pour de bon.
Parce que je suis cette chose odieuse, un interprète de la Nature,
Uniquement parce qu’il y a des hommes qui n’entendent pas son langage,
Car il n’est un langage en rien…


Les réunions cliniques du RPH

Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.

Chaque mois un membre praticien de l’association présente une situation clinique. La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l’association.

Informations :
J.-B. Legouis : 06.11.89.51.81.

Dates des prochaines réunions :
04.11.08 : J. Gonzalez
09.12.08 : S. Buguet

Le séminaire du RPH

Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème le surmoi dans la clinique quotidienne du médecin et du psychanalyste. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21h à 22h 30 au 1, rue Lentonnet – 75009 Paris. Il est ouvert aux médecins, étudiants, psychanalystes et psychistes qui pourront apporter des situations cliniques à discuter pendant le séminaire.

Informations :
F. de Amorim : 01.47.70.56.02

Dates des prochains séminaires :
28 octobre 2008
25 novembre 2008

Les rendez-vous du RPH

Samedi 29 novembre 2008 A l’hôpital Saint-Louis Musée Baretta

Le XVe colloque du RPH portera sur ce qu’au nom de l’autre on porte en soi :

Quel autre dans la GPA ?

La tribune du RPH est pleine pour ce jour-là : mais quatre temps de discussion sont aménagés pour ceux qui ont à dire ou à questionner, …

Les membres du RPH sont conviés le samedi 25 octobre prochain (17h) à une seconde réunion préparatoire de ce colloque au 1, rue Lentonnet – Paris 9e

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