La lettre

La lettre a une parution mensuelle. Son objectif est d’informer, communiquer et critiquer l’actualité psychanalytique, médicale ou sociétale. Dans la première partie vous trouverez un petit article de « libre opinion ». Dans la seconde, les nouveautés cinématographiques des salles hors du circuit commercial, les films d’auteurs français et étrangers ; les nouveautés et anciennetés littéraires et enfin, les informations concernant le RPH, ses séminaires (lieu, date, responsable) et l’annonce des colloques.

Edith de Amorim est la responsable de la publication. Pour en être destinataire il vous suffit d'en faire la demande sur NOTRE PAGE CONTACT.


Rédacteur en Chef : Edith de Amorim


01-09-2008
Lettre N° 119

Editorial

DU PERE TOUT PUISSANT A LA PAROLE D’EVANGILE !

Ce n’est qu’une fois qu’elle fut mariée que sa mère confirma l’hypothèse de sa conception non désirée et précisa davantage : sa colère à l’encontre du père qui n’avait pas fait attention et des tentatives entreprise pour la « faire passer », comme on disait alors pour évoquer l’avortement !

Qu’elle ne fut pas désirée dans la même mesure que son frère aîné l’avait été, elle le savait avec une certaine indifférence puisqu’aussi bien la nouvelle n’avait pour source que ses nombreux frères et sœurs, tous aînés ! Que des jaloux ! Il n’y avait là pas de quoi en faire vraiment un cas pendable ni même justiciable !

Mais même mariée, la confirmation maternelle trouva à rebondir dans le for intérieur de la fille ; un écho curieux qui roulait dans un bruit mat, sans plus être accompagné des rires des uns et des haussements d’épaules des autres. Un écho sec et dur rebondissait qui faisait tout de même un peu mal.

Ce fut surtout l’histoire de manque d’attention du père qui eut le plus de ressort, d’effets, en elle, la fille désormais mariée mais qui n’entendait pas lâcher aussi facilement prise quant à l’amour qu’elle se supposait avoir reçu en héritage. En lieu et place de quoi, il n’y avait pas même de solution pour loger son manque ! Simplement de l’inattention alimentant du ressentiment !

Mais la fin de la confidence lui offrit de retrouver un certain aplomb car, pour la « faire passer » sa mère confessa qu’elle recouru à la supplique à Dieu le père ! La prière comme tentative de contrer une grossesse ! « J’en ai déjà tant ! Ma santé est chancelante… ! » Mais Dieu, sans pitié pour la mère nombreuse, refusa énergiquement et c’est ainsi que naquit cette fille de la volonté d’un père tout puissant !

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Au XXIe siècle, qui pourra se dire né de la dernière pluie ? Né parce qu’une vie se déclare sans crier gare ? Né d’un acte manqué ?

Au XXIe siècle, il n’y aura donc plus de place que pour le déterminé, le désiré, le dessiné, le destiné mâle ou femelle et la messe sera dite pour ceux qui en sont de l’inattendu, de l’inattentif, et de cette poésie ancienne et dure qui nous fait nous en aller « les poings dans [nos] poches crevées. » (Ma bohême, Arthur Rimbaud) !

On ne vivait pas que d’amour et d’eau fraîche ! Désormais, on peut penser vivre du désir d’avoir ! Avoir, à tout prix ! Un prix qu’on dit pouvoir connaître et arrêter, fixer ! Ou à un peu près, ce peu-là qui fait qu’on ne parle plus de prix mais d’un dédommagement raisonnable, comme tout ce qui a trait à un dédommagement ! Le déraisonnable d’une demande d’enfant à tout prix est à ce prix-là : le prix fou, extravagant, avec ce qu’il comprend de reste, le prix impayable est compris dans le dédommagement tout à fait raisonnable !

Au XXIe siècle le Père n’est plus dans les cieux mais dans les laboratoires et il répond toujours à la demande ! Une demande, à bien y regarder, pas plus estomaquante que celle de la mère s’adressant à Dieu pour lui demander de « faire passer » l’annonce mal venue ! Mais entre Dieu et les biologistes il y a cette singulière distance qui fait que les demandes, ces mots gros d’énigmes, ces rébus, faites à l’Un sont toujours reçues pour ce qu’elles ne disent pas et qui, faites aux autres, sont toujours tenues pour paroles d’évangile !

L’œil - en salles obscures – et combien d’accessibles aux handicapés ?

Milh hadha al-bahr - Le sel de la mer, Palestine, 2007, comédie dramatique, de Annemarie Jacir avec Suheir Hammad, Saleh Bakri, Riyad Ideis. Pour les images de Ramallah en ce qu’elles viennent vous jeter au visage une vie, une jeunesse, des couleurs, des restaurants, qu’on ne pouvait imaginer après tous les bombardements. Pour la banque au pragmatisme bien trempé qui s’assied sur les avoirs gelés de ses vieux clients d’avant ’48. Pour le reste … sur le légitime qui se revendique ou s’abandonne …

Happy-Go-Lucky - Be happy (en français), Royaume Uni, 2007, comédie de Mike Leigh avec Sally Hawkins, Eddie Marsan, Alexis Zegerman. Juste pour le cours de flamenco … Pour le reste….!

La fille de Monaco, France, 2007, drame d’Anne Fontaine, avec Fabrice Lucchini, Roschdy Zem, Louise Bourgoin… Tant qu’à faire puisqu’on est dans les navets et que le pouvoir d’achat ne semble pas vouloir remonter la pente, éviter la dépense !

 

L’œil – en été et poésie

Pendant l’été, j’ai retrouvé certains vers que j’ai attrapé par le col :
« Si toutes les filles du monde voulaient s’donner la main… » Paul Fort, « La ronde autour du monde » (in Ballades françaises)
« Heureux qui comme Ulysse, a fait un beau voyage … » Joachim du Bellay, Les Regrets
« Plaisir d’amour ne dure qu’un moment Chagrin d’amour dure toute la vie. » Jean-Pierre Claris de Florian
« Mais elle était du monde où les plus belles choses/ Ont le pire destin/ Et rose elle a vécu ce que vivent les roses/ L’espace d’un matin. » François de Malherbe, Consolation à M. du Périer

Et j’en ai découvert d’autres :
« Omnivalente !... Magnifique… Omnivalente… C’est sublime !... « Des idées omnivalentes ». « De l’ominivalence des idées »… Mais c’est une trouvaille !... Je vois cela tout imprimé… Donnez-moi ce mot… Mais, mon bon, vous verrez dans quelques temps votre omnivalence figurer dans le Dictionnaire de l’Académie…
- De Médecine ?
- Naturellement. » Valéry, L’idée fixe, Œuvres complètes, t. II, Pl., p. 213


Les réunions cliniques du RPH

Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.

Chaque mois un membre praticien de l’association présente une situation clinique. La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l’association.

Informations :
J.-B. Legouis : 06.11.89.51.81.

Dates des prochaines réunions :
14.10.08 : L. Baudiment
04.11.08 : J. Faugeras

Le séminaire du RPH

Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème le surmoi dans la clinique quotidienne du médecin et du psychanalyste. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21h à 22h 30 au 1, rue Lentonnet – 75009 Paris. Il est ouvert aux médecins, étudiants, psychanalystes et psychistes qui pourront apporter des situations cliniques à discuter pendant le séminaire.

Informations :
F. de Amorim : 01.47.70.56.02

Dates des prochains séminaires :
28 octobre 2008
25 novembre 2008

Les rendez-vous du RPH

Samedi 29 novembre 2008 A l’hôpital Saint-Louis Musée Baretta

Le XVe colloque du RPH portera sur ce qu’au nom de l’autre on porte en soi :

Quel autre dans la GPA ?

La tribune du RPH est ouverte à toute proposition d’intervention d’où qu’elle vienne : en droit, médecine, philosophie, poésie, psychanalyse, …

Les membres du RPH sont conviés le samedi 27 septembre prochain (15h30) à une réunion préparatoire de ce colloque qui se tiendra 1, rue Lentonnet – Paris 9e

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