La lettre a une parution mensuelle. Son objectif est d’informer, communiquer et critiquer l’actualité psychanalytique, médicale ou sociétale. Dans la première partie vous trouverez un petit article de « libre opinion ». Dans la seconde, les nouveautés cinématographiques des salles hors du circuit commercial, les films d’auteurs français et étrangers ; les nouveautés et anciennetés littéraires et enfin, les informations concernant le RPH, ses séminaires (lieu, date, responsable) et l’annonce des colloques.
Edith de Amorim est la responsable de la publication. Pour en être destinataire il vous suffit d'en faire la demande sur NOTRE PAGE CONTACT.
Rédacteur en Chef : Edith de Amorim
Editorial
Même pas peur, ni mal, ni vrai
En mai fait ce qu’il te plaît ! Chiche ?
J’annule un mariage pour tromperie sur la virginité ; ça, ça me plaît et beaucoup ! Ce retour aux origines quand l’homme n’en était encore qu’à descendre d’un singe se baladant en simple appareil de branche en branche : quel exotisme !
Et, puisqu’on parle de retour, voilà ce qu’écrivait en 1917 Sigmund Freud sur la virginité : « Exiger que la jeune fille ne doive pas apporter dans le mariage avec un homme donné le souvenir d’un commerce sexuel avec un autre n’est rien d’autre que la prolongation conséquente du droit de possession exclusif sur une femme, lequel constitue l’essence de la monogamie, rien d’autre que l’extension de ce monopole au passé. » (OCF, PUF, Vol. XV) Or, depuis 1917, qui peut nier que l’eau et le sang aient coulés en abondance sous les ponts de ce passé faiseur de femmes objets de tous les courroux, objets de tous les courts en vue ?
J’autorise, ou bien non, la GPA, autrement dit la gestation pour autrui ; ça aussi, ça me plaît beaucoup ! C’est épineux à souhait et c’est très familialement inquiétant !
D’abord parce que c’est nouveau en diable et c’est le moins qu’on soit en droit d’attendre d’un progrès : que d’abord il nous renverse, puis qu’il en laisse sur le carreau – qu’on dira étroits d’esprit, frileux, bornés, archaïques, étriqués – pour qu’il fasse place nette à ceux qui choisissent de rester debout sous ce déluge d’infiniment indéfini, toujours labile, pour montre de leur vaillance, hardiesse, leur sans peur et leur sans reproche ; parce que c’est là, on le croit, la preuve qu’on est bien dans la modernité, modernes nous-mêmes, vivants, peut-être même éternels ! …/…
…/…
Ensuite, c’est inquiétant parce qu’il faut créer à partir d’un curieux rien, ce rien inexpliqué pour les docteurs, et inexplicable par eux, un autre rien qu’on voudrait garanti par la loi : une gestation pour autrui pour des prunes ou presque, trois fois rien, trente deniers !
Ainsi, au commencement était la « mère porteuse » qui n’agrée plus du fait de quelques malencontreux faits divers comme cette hideuse histoire de bébé mis aux enchères, de bébé à venir abandonné par ceux qui ont fait des pieds et des mains pour entrer dans la catégorie « parent » et ont changé d’avis avant l’avènement ! Mais personne ne leur a jamais dit que pieds et mains sont d’un bien piètre renfort pour aider à la venue au monde d’un être humain ?
Oublié « mère porteuse » car la modernité autoproclamée toute puissante et sans limite, tombe dans la forfaiture : on ne touche pas la « mère » ! Alors on fabrique des génitrices, ça on peut toucher, on peut les payer, les gommer ou pas, vérifier leurs dents et leurs antécédents, les dire blondes, noires, petites, grandes… La génitrice c’est une vache !
Ainsi ce qui plaît tant à moi en mai c’est cet infini remodelage de femme qui est toujours, toujours, sécable, découplable, dédoublable : « vierge/demi-vierge », « sainte/salope », « mère/pute » et donc, le dernier en date : « mère/génitrice » !
Génitrice : que du familier inquiétant, un peu, beaucoup, à la folie ! Pourquoi l’œuvre au féminin se réduirait-elle à un vulgaire contrat synallagmatique ? Pourquoi ne pas suivre le poète sur cette voie de la raison folle : la femme est l’avenir de l’homme, pas la génitrice !
L’œil - en salles obscures – et combien d’accessibles aux handicapés ?
Trop jeunes pour mourir, titre original « Jukeodo jo a », sud-coréen, 2007, drame de Park Jin-Pyo, avec Park Ghi-Gyu et Lee Sun-Ye… Ils sont âgés… vieux… des vieux croûtons qui baisent, qui s’aiment, chantent, s’enseignent, s’engueulent et se retrouvent. Ils sont l’un et l’autre célibataires, ont 72 et 73 ans. Ils rient, ils parlent, ils pleurent, ils s’énervent malgré le poids des ans, des rides, du bide, des hideurs du grand âge… et ça pourrait être rassurant, un peu comme une invite à aller vieillir, à se pourlécher les babines à l’idée que bientôt dans cinq, dix, quinze ans, demain en quelque sorte, la grève sera douce, les flots bleus et le soleil attentif ! Sauf que le dieu de cette histoire qui peut bien être vraie n’est pas à la hauteur de ce qui se joue dans une rencontre entre deux êtres et nous donne à voir par le petit bout d’une lorgnette qui lorgne vers la vessie et uniquement la vessie !
L’œil – en noir et blanc et à l’aveugle !
Voilà une liste qui doit tout à ma confiance quasi aveugle en ma libraire, cette « ouvreuse d’horizons », sœur de lait du fameux « allumeur de réverbère » !
Henry Bauchau, « Diotime et les lions »,
Babel Bernard Foglino, « Le théâtre des rêves », 10/18
Philippe Claudel, « Les âmes grises », Le livre de poche (elle prévient que c’est une histoire triste à la langue merveilleuse…)
L’œil – en blanc et noir et à l’étranger !
Voilà une liste qui doit tout à mon arbitre prisonnier et italianissime !
Stefano Benni, « Elianto », Universale Economica Feltrinelli (je garde un joyeux souvenir de la lecture de ses nouvelles « Il bar sotto il mare »)
Italo Calvino, « Mondo scritto e mondo non scritto », Oscar Mondadori (Calvino, si vous ne l’avez pas encore pratiqué sachez simplement que pour lui l’œuvre princeps est « Les aventures de Pinocchio Histoire d’un pantin » de Carlo Collodi)
Erri de Luca, « Il contrario di uno », Universale Economica Feltrinelli
Les réunions cliniques du RPH
Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.
Chaque mois un membre praticien de l’association présente une situation clinique. La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l’association.
Informations :
J.-B. Legouis : 06.11.89.51.81.
Dates des prochaines réunions :
09.09.08 : J.-L. Legouis
14.10.08 : L. Baudiment
04.11.08 : M. Salza
Le séminaire du RPH
Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème le surmoi dans la clinique quotidienne du médecin et du psychanalyste. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21h à 22h 30 au 1, rue Lentonnet – 75009 Paris. Il est ouvert aux médecins, étudiants, psychanalystes et psychistes qui pourront apporter des situations cliniques à discuter pendant le séminaire.
Informations :
F. de Amorim : 01.47.70.56.02
Dates des prochains séminaires :
24 juin 2008
23 septembre 2008
28 octobre 2008
Les rendez-vous du RPH
Groupe de lecture des œuvres de Jacques Lacan, le troisième vendredi de chaque mois au 1 rue Lentonnet – 75009 Paris, de 21h à 22h30, animé par Fernando de Amorim.
Groupes de lecture des œuvres de Sigmund Freud se réunissant mensuellement au siège du RPH – 33, rue Pigalle – 75009 Paris, de 21h à 22h30 :
Le premier vendredi, animé par Jean-Baptiste Legouis
le deuxième lundi, animé par Julien Faugeras
le troisième mardi, animé par Edith de Amorim
Un groupe de lecture « psychanalyse d’enfants » se met en place, animé par Laure Baudiment ; premier auteur étudié : Mélanie Klein.
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