La lettre a une parution mensuelle. Son objectif est d’informer, communiquer et critiquer l’actualité psychanalytique, médicale ou sociétale. Dans la première partie vous trouverez un petit article de « libre opinion ». Dans la seconde, les nouveautés cinématographiques des salles hors du circuit commercial, les films d’auteurs français et étrangers ; les nouveautés et anciennetés littéraires et enfin, les informations concernant le RPH, ses séminaires (lieu, date, responsable) et l’annonce des colloques.
Edith de Amorim est la responsable de la publication. Pour en être destinataire il vous suffit d'en faire la demande sur NOTRE PAGE CONTACT.
Rédacteur en Chef : Edith de Amorim
Editorial
« La plainte en médecine et en psychanalyse L’arbre qui cache la forêt ? »
Voici le thème du prochain colloque du RPH qui se déroulera le 12 mai prochain, entre les ponts !
Il semble que cette question de la plainte rencontre des échos au-delà du premier cercle concerné au premier chef de l’énoncé. D’ailleurs, comme à son habitude, le RPH a convié le droit – par le truchement d’un de ses auxiliaires de justice parmi d’autres : l’avocat - pour nous rappeler ce qu’est, en droit, la plainte ….
Plongeons-nous dans le dictionnaire (TLFi) pour tenter d’en cerner ne serait-ce qu’une ébauche et quelle ébauche : « Plainte : (Dr) acte par lequel une personne, qui s’en prétend victime, porte une infraction (à la loi pénale) [le droit pénal est constitué par « l’ensemble des règles de conduite imposées au citoyen sous menace de peine, Encyclop. univ., t.12 1972, p.744.] à la connaissance de la Justice afin de mettre en mouvement l’action publique. » !
D’emblée, la parole du plaignant est bémolée – « s’en prétend » - et contenue à un domaine en particulier – « la loi pénale » - ; c’est beau, on sent que des siècles aux contacts des conflits humains de tout acabit ont contribué à ciseler cette définition.
Quelle différence d’avec les médecins ! Voici ce qu’on trouve à la même entrée : « Plainte : A) expression de la douleur d’un être humain […] B) expression de mécontentement par des paroles et des écrits […] ».
Les médecins, à la différence des hommes de Loi, n’ont pas à être impartial, tout au contraire, ils doivent prendre le parti de la plainte qu’ils choisissent d’entendre. Ces hommes de l’art-là n’ignorent pas qu’ils ont peut-être plus affaire au lard qu’au cochon dans l’un ou l’autre de leurs cas.
Et depuis que les hommes de l’art-ci leur demandent de borner très exhaustivement leurs actes, les plaintes s’entrechoquent !
Editorial
Luciana LOÏAL
Le bac en poche, je m’aventure à 7000 km du giron maternel, à moi la liberté, et la capitale alsacienne, aux températures bien plus fraîches que ma Guadeloupe aux couleurs carte postale. Après deux dures années de médecine, le concours échoué, je me résous en 1996 à me lancer dans les études de psychologie. Une douce passion née de mes cours de philosophie de Terminale. Année où je découvrais Freud et ce mystérieux inconscient, en même temps que je m’amourachais secrètement de mon (bien trop vieux) professeur de philosophie.
J’obtins en 2001 le D.E.S.S de psychologie clinique et pathologique à Paris V où je terminai mes deux dernières années d’études. Paris, où je déménageai bien malgré moi, mais encore sous le coup de la passion. Passion qui m’amena à faire un retour sur moi pour en sortir, du moins tenter.
C’est sur cette route que, bien fortuitement, je tombai sur une plaquette du Réseau pour la Psychanalyse à l’Hôpital. C’est ainsi que je rencontrai Fernando de Amorim. Depuis, je suis lancée sur le chemin sinueux et parfois chaotique de la psychanalyse. Quelques années plus tard, je m’accroche encore, contre vents et marées. Depuis l’obtention de mon D.E.S.S, je travaille auprès de personnes migrantes, appartenant à la même communauté que la mienne, au C.A.S.O.D.OM, Paris 1er. Ce sera pour moi le début d’un vrai contact en tant que professionnel avec le terrain, la clinique et le transfert du fait d’une vraie liberté d’exercice.
J’ai conduis, et bien malgré moi à l’époque, mes premières psychothérapies auprès de femmes battues et cassées par la vie. C’est à ces premières patientes que je dois, quelques années plus tard, cet attachement intact au travail analytique.
Je me suis installée en libéral en tant que psychothérapeute en avril 2006. Je poursuis ma route…
L’œil - en salles obscures – et combien d’accessibles aux handicapés ?
L’étoile manquante (La stella che non c’è), Italie, France, Suisse, Singapour, 2006, drame de Gianni Amelio, avec Sergio Catellitto, Zing Thou … Un italien qui travaille dans la machine-outil se retrouve à vendre l’outil de sa société à des acheteurs chinois ; seulement il n’est pas homme à fermer les yeux sur un dysfonctionnement : alors que la machine est déjà en Chine, il remet au point une pièce défectueuse qu’il va lui-même porter en République Populaire pour réparer la machine-outil boiteuse… Si vous n’avez fait qu’ouïr de « l’objet, cause du désir », ce film achèvera de vous mettre bien au parfum, sans compter que Sergio Castellitto est magnifique, comme les paysages et tout le toutim… Peut-être l’avez-vous raté en salle, raison de plus pour surveiller de très près sa sortie en DVD.
L’œil – en orpiment : la poésie ne nous laisse jamais tomber !
En ces temps de campagne aux propos rebattus, serinés, ressassés, assassins, un petit retour aux sources des non-sens, des sens pleins et déliés des poètes, à leurs vers fameux ou neufs – nous ravissant de même – qui redonnent chair à notre espoir d’être :
« Sensations
Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers, / Picoté par les blés, fouler l’herbe menue : / Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds. / Je laisserai le vent baigner ma tête nue. // Je ne parlerai pas, je ne penserai rien : / Mais l’amour infini me montera dans l’âme, / Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien, / Par la Nature, - heureux comme avec une femme. (Mars 1870) » Arthur Rimbaud (La Pléiade, p.41)
« Insinuant II
Folle et mauvaise / Comme une abeille / Ma lèvre baise / L’ardente oreille // J’aime ton frêle / Etonnement / Où je ne mêle / Qu’un rien d’amant. // Quelle surprise… / Ton sang bourdonne. / C’est moi qui donne / Vie à la brise… // Dans tes cheveux / Tendre et méchante / Mon âme hante / Ce que je veux. » Paul Valéry (Œuvres I, La Pléiade, p. 137)
Les réunions cliniques du RPH
Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.
Chaque mois un membre praticien de l’association présente une situation clinique. La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l’association.
Informations :
J.-B. Legouis : 06.11.89.51.81.
Dates des prochaines réunions :
10.4.07 : Laure Baudiment
15.5.07 : Jean-Baptiste Legouis
19.6.07 : Edith de Amorim
Le séminaire du RPH
Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème le surmoi dans la clinique quotidienne du médecin et du psychanalyste. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21h à 22h 30 au 1, rue Lentonnet – 75009 Paris. Il est ouvert aux médecins, étudiants, psychanalystes et psychistes qui pourront apporter des situations cliniques à discuter pendant le séminaire.
Informations :
F. de Amorim : 01.47.70.56.02
Dates des prochains séminaires :
Le 24 avril 2007
Le 22 mai 2007
Le 26 juin 2007
Les rendez-vous du RPH
Groupe de lecture des œuvres de Jacques Lacan, le troisième vendredi de chaque mois au 1 rue Lentonnet – 75009 Paris, de 21h à 22h30, animé par Fernando de Amorim.
Groupes de lecture des œuvres de Sigmund Freud se réunissant mensuellement au siège du RPH – 33, rue Pigalle – 75009 Paris, de 21h à 22h30 :
Le premier vendredi, animé par Jean-Baptiste Legouis
le deuxième lundi, animé par Julien Faugeras
le troisième mardi, animé par Edith de Amorim
Un groupe de lecture « psychanalyse d’enfants » se met en place, animé par Laure Baudiment ; premier auteur étudié : Mélanie Klein.
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