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Consultation publique de psychanalyse Paris : Pourquoi le paiement des séances en psychanalyse est important ?

Pourquoi le paiement des séances en psychanalyse est important ?

Paiement des séances

Fernando de Amorim 
Paris, le 29. VI. 2011

Il n’y a pas de statut de psychothérapeute ou de psychanalyste, mais position. Si quelqu’un assure la position de psychothérapeute ou de psychanalyste d’abord avec le patient ou le psychanalysant, il gagnera le droit d’être considéré psychothérapeute ou psychanalyste, au moins de la cure en question. Notre idée de maintenir le clinicien dans l’insécurité clinique de son statut, vise à l’empêcher à s’endormir sur ses lauriers. L’université, comme la bureaucratie psychanalytique, nourrissent tout naturellement cette relation imaginaire. D’où l’importance de la psychanalyse sans fin pour les psychanalystes, de l’animation des groupes d’études, de la préparation de conférences et de l’organisation de colloques. Cette logique est plus fertile que celle consistant à croire que « psychanalyste » est une place



Le statut de la psychanalyse, comme celui de tant d’autres sciences, n’est plus à questionner. C’est le statut du psychanalyste qui est en cause. La psychanalyse laïque n’est pas un problème, elle est la solution pour la psychanalyse. La psychanalyse est laïque dans sa relation au religieux, à la médecine, à la psychologie. Elle a un objet, une technique, une méthode. Cet ensemble scientifique est une évidence. Hors de cela, nous observons les manœuvres d’intérêts personnels qui viennent détourner ce qui constitue le cœur d’une psychanalyse, à savoir, le désir et sa viabilité pour l’être. Ainsi, faire payer à la société le traitement d’une personne, ne pas exiger du patient son maximum (et le maximum à la CPP – Consultation publique de psychanalyse – du RPH, peut aller de deux à dix euros, ou plus quand la personne trouve un travail). Faire payer la société : n’est-ce pas de la triche ? Où est le psychanalytique dans cette opération ? Il n’y en a pas, il n’y en a jamais eu. Il s’agit d’une manière de gagner de l’argent facilement en s’épargnant les peines du corps à corps exigé par la pratique quotidienne de la psychanalyse. 



Le problème qui ressort de cette pratique du remboursement est manifeste quand ses tenants veulent se convaincre, et convaincre leur patient, qu’il y a du psychanalytique dans leur acte. Or, il n’y en a pas. Une psychanalyse se paye avec son propre argent. Quand le patient n’en a pas, il faut l’interroger, lui donner des rendez-vous pour dénouer ce nœud. Cela fait trente ans que je me frotte à la question des paiements des séances chez les pauvres. Cela exige une conclusion : la gratuité et le non-paiement des séances est la preuve de la présence de la résistance du surmoi. Cliniquement, une telle pratique n’apporte pas les résultats, concernant le désir – objet de la psychanalyse –, que nous sommes en capacité d’attendre de la rencontre entre un psychanalyste et un malade, patient ou psychanalysant, selon notre cartographie (www.rphweb.fr). 



Qui contrôle en premier lieu un psychanalyste, ce n’est pas un autre psychanalyste c’est son psychanalysant. C’est le fait de vivre de sa clinique qui confère l’autorité sociale et économique à un clinicien. Il y a aussi les contrôles enseignés par l’histoire de la psychanalyse, que nous poussons davantage au sein de notre école, à savoir, psychanalyse personnelle sans fin ; supervisions (tant que le candidat n’a pas assuré encore une première psychanalyse) ; contrôle (quand le collègue a déjà assuré au moins une première psychanalyse et se trouve embêté par une difficulté clinique) ; présentations cliniques chaque deuxième mardi du mois ; coordination de groupe d’étude ; conférences. Même si je reconnais les « aspérités des politiques institutionnelles », l’expérience a montré qu’il y en a moins quand le pouvoir est confié, par tous les membres de l’institution, à une parole vraie. Les institutions psychanalytiques n’ont pas été organisées, au grand regret de Freud, pour respecter et suivre avec confiance cette visée. De là mon soin premier, de conférer à celui que nous avons oublié dans l’opération psychanalytique, à savoir le psychanalysant, l’autorité de désigner qui est ou non, psychanalyste. 



Ce n’est pas au psychanalyste, sauf au nom de son arrogance, de savoir jusqu’où peut aller un patient. Ces conclusions naîtront du champ de bataille de la cure. Ce n’est pas à l’entrée d’une rencontre transférentielle que nous savons s’il y aura psychanalyse, c’est à la sortie. Avant et pendant, tout est mouvement, énigme et brouillard.